L'entretien : « Le public est de plus en plus sensibilisé à la préservation de la faune sauvage »
Epidémie de botulisme, migration due au dérèglement climatique…le Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes des Pays-de-la-Loire, basé à La Chantrerie, s’active sur tous les fronts. Le point avec son directeur, Olivier Lambert.
Quel est le rôle du CVFSE ?
« Sa mission originelle consiste à accueillir, soigner et relâcher des animaux sauvages. Notre structure propose de la formation et de l'éducation à l'environnement, notamment auprès des scolaires. »
« Nous avons aussi un rôle d'expertise scientifique et de surveillance des maladies de la faune sauvage. »
« Le centre, créé en 1985 par des étudiants de l’école de vétérinaire de Nantes, s’est professionnalisé en 1999, l’année du naufrage de l’Erika. »
Comment a évolué son activité ?
« Depuis une dizaine d’années, les gens sont de plus en plus sensibilisés à la préservation de la faune sauvage. Après avoir découvert un animal blessé, ils font en sorte qu’il soit pris en charge. »
« Des phénomènes sanitaires, tels que l’influenza aviaire, émergent dans différents pays. Il n’est plus possible de travailler sur la santé des bêtes sauvages, sans parler de la santé humaine ou des animaux domestiques. »
Quel est le bilan de l'épisode de botulisme qui a frappé nos marais ?
« Selon nos estimations, l’épidémie de l’été dernier a tué environ 20 000 oiseaux en Loire-Atlantique, principalement sur 2 zones : le lac de Grandlieu et le parc naturel de Brière. »
« Cette maladie est provoquée par des bactéries qui produisent une toxine. Les animaux qui l’ingurgitent, développent une paralysie et en meurent. »
Des oiseaux ont-ils migré vers la Loire-Atlantique, cet hiver ?
« Oui, des rapaces sont notamment poussés par les vagues de froid qui peuvent sévir dans le nord de la France ou de l’Europe. Ici, les températures sont plus élevées, ce qui leur permet de trouver de la nourriture plus facilement. »
« Dans notre région, ils sont peut-être aussi moins exposés aux activités humaines et aux blessures. Avec le froid, notre centre a également accueilli des ardéidés, comme par exemple des hérons. »
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