Mercredi 26 novembre
S'informer sur l'usage des antibiotiques à Nantes
Rédigé par Farah Sadallah.
Une surconsommation diminue l'efficacité des traitements (crédit : Adobe Stock).
L’Hôtel-Dieu organise ce jour une journée d’information sur les risques que représente la résistance bactérienne aux antibiotiques,avec un stand d’information accessible dans le hall d'accueil du CHU de Nantes.
De quoi parle-t-on ?
- La résistance aux antimicrobiens, c’est lorsque les bactéries, exposées aux antibiotiques, évoluent et développent des mécanismes de défense qui leur permettent d’échapper à leur action.
- « Plus on en consomme, plus il y a de résistances, affirme Marie Chauveau, infectiologue au CHU de Nantes. L’exposition de la population aux antibiotiques est globale. On la retrouve dans les élevages, dans les champs, dans les nappes phréatiques, mais aussi quand on voyage. Si on a consommé des antibiotiques à l’étranger, on peut revenir avec des bactéries plus résistantes. »
- Après une diminution en 2023, la consommation d’antibiotiques est repartie à la hausse en 2024, en ville, classant la France au 2e rang des pays européens les plus consommateurs derrière la Grèce.
- Une augmentation de 4,8 % des prescriptions, en ville et hors secteur d’hospitalisation, a été observée par rapport à 2023, selon l’Assurance maladie.
Les conséquences
- Les maladies deviennent donc plus longues et plus difficiles à soigner, avec des consultations supplémentaires. Les antibiotiques prescrits habituellement par le médecin peuvent ne plus être efficaces contre les infections. Il faut alors avoir recours à des médicaments plus chers avec un spectre plus large.
- Mais il peut arriver que ces derniers viennent à manquer, aboutissant ainsi à des situations où il n’existe plus aucun traitement possible. On parle alors « d’impasse thérapeutique », selon le site du ministère de la Santé. « La résistance aux antibiotiques devient progressivement un problème majeur de santé publique pour la France et dans le monde entier. »
- En 2015, les infections aux bactéries résistantes ont touché plus de 120 000 cas par an en France, et sont associées à plus de 5 500 décès, selon le centre européen de prévention et contrôle des maladies (ECDC). « Certaines études montrent que d’ici 2050, ça sera la première cause de mortalité dans le monde », alerte l’infectiologue.
Quelle prévention ?
- Ces derniers sensibilisent sur le bon usage des antimicrobiens via la prescription du médecin. « Il faut respecter le traitement, avec la bonne dose et la bonne durée. Tous les virus ne nécessitent pas un traitement antibiotique. »
- Marie Chauveau recommande également le port du masque en hiver, trop souvent délaissé, si la personne est symptomatique et en contact avec des personnes à risque ou immunodéprimées. « Pour les personnes de plus de 65 ans et éligibles, la vaccination contre le covid ou la grippe est aussi un moyen de prévention à la résistance bactérienne. »
Découvrir : 1, place Alexis Ricordeau, de 11h à 15h, entrée principale, rez-de-chaussée.
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