Mercredi 14 janvier
Une conférence pour parler des infections dues aux vers à Nantes
Rédigé par Farah Sadallah.
Ces maladies sont souvent méconnues et méritent qu'on s'y intéresse (crédit : Adobe Stock).
Dans le cadre du programme de l’Université permanente, Florent Morio, professeur à l'UFR de Médecine, également praticien hospitalier au CHU de Nantes, anime, ce jour, une conférence sur les vers et leurs conséquences médicales dans le monde.
De quoi parle-t-on ?
- Souvent méconnues du grand public et peu médiatisées, les infections d’origine parasitaire accompagnent l’humanité depuis des millénaires.
- Leurs impacts médicaux, sociaux et économiques sont réels, mais encore insuffisamment pris en compte.
- À l’échelle mondiale, les maladies dues à des vers touchent plus d’un milliard de personnes, principalement dans les pays à faibles ressources, en particulier dans les zones tropicales et intertropicales, selon Florent Morio.
- « Plusieurs de ces parasitoses sont encore présentes en France en 2026. On peut citer par exemple l’oxyurose, très fréquente chez les enfants d’âge scolaire et qui peut être à l’origine d’épidémies en collectivités ; le taeniasis, lié à la consommation de viande de bœuf crue ou insuffisamment cuite (« ver solitaire » dans le langage courant) » explique le professeur.
- Des dizaines de milliers de cas de taeniasis seraient détectés chaque année sur le territoire, « même si ces chiffres restent imprécis en raison de l’absence de système de surveillance épidémiologique pour la majorité de ces infections, ce qui contribue probablement à en sous-estimer l’ampleur ».
Quels symptômes ?
- Les symptômes varient d’une infection à l’autre. Selon Florent Morio, certaines parasitoses sont bénignes ou peu symptomatiques, tandis que d’autres peuvent entraîner des atteintes sévères, parfois engageant le pronostic vital.
- « Elles peuvent toucher l’ensemble des organes (tube digestif, foie, poumons, cerveau, yeux ou bien encore muscles). En l’absence de traitement, certains parasites peuvent persister pendant de nombreuses années. Dans certaines régions, plus de 70 % de la population peut être infectée, ce qui illustre l’ampleur du problème. »
- Mais ce champ de la médecine demeure insuffisamment investi. « Les options thérapeutiques sont parfois limitées, en partie en raison d’un manque de recherche et de financements consacrés aux maladies parasitaires. »
Quelle prévention ?
- Aujourd’hui, il n’existe pas de méthode simple et unique de prévention en raison des différents parasites.
- Le lavage régulier des mains, la cuisson suffisante des aliments, le nettoyage soigneux des fruits et légumes, la consommation d’eau embouteillée, et demander une consultation médicale au retour de voyage, en cas de symptômes, font partie des réflexes à avoir.
- Florent Morio met en lumière un autre enjeu majeur : la prise en charge des populations migrantes.
- « Ces personnes peuvent avoir été exposées à des parasitoses dans leur pays d’origine ou lors de leur parcours migratoire. Leur accès aux soins est souvent insuffisant ou retardé. Faciliter le dépistage, le diagnostic et le traitement de ces infections est un impératif de santé publique. »
Découvrir : Amphi Kerneis (Fac de Médecine), 1 rue Bias, Nantes. 8 euros tout public. 14h30-16h.
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