Mardi 17 mars
La bonne idée : De l'art-thérapie pour les femmes enceintes au CHU de Nantes
Rédigé par Chloé Chamouton
La créativité favorise le lâcher-prise (crédit : Adobe Stock).
Depuis 2022, Caroline Lebat anime des ateliers d’art-thérapie au sein de l’unité de grossesses à haut risque (GHR) au CHU de Nantes. Peinture, argile, pastelle, dessin à l’encre, tous les moyens sont utiles pour aider les femmes à créer, afin qu’elles oublient leur quotidien.
La genèse
- Animatrice jeunesse depuis 20 ans et artiste peintre par passion, Caroline Lebat a toujours gravité autour de l’art et de l’animation. En 2017, elle ressent le besoin de se nourrir d’autres choses et pense à l’art-thérapie. « J’étais curieuse, et ça me permettait de faire un autre métier qui avait du sens », raconte-t-elle.
- Elle se forme juste avant le Covid-19 et profite du confinement pour préparer son nouveau projet professionnel. Caroline Lebat le teste ensuite chez elle, avec des patients de tout âge, mais aussi au sein des Ehpad.
- Elle s’intéresse également aux patients du CHU de Nantes et découvre que des ateliers d’art-thérapie étaient autrefois donnés en unité de grossesses à haut risque. Elle saute sur l’occasion, et depuis quatre ans, elle intervient tous les jeudis, entre 15h30 et 17h.
Concrètement
- Caroline Lebat commence par aller voir les différentes femmes enceintes hospitalisées dans leur chambre, afin de leur proposer l’activité. « En général, elles sont entre trois et six à venir sur une quinzaine de femmes. »
- Dans leur salle dédiée, elles commencent par un exercice pour engager le dialogue. Chacune choisit une photo pour exprimer ce qu’elle ressent. « Elles libèrent leurs émotions, et ça permet d’enclencher des conversations entre elles, elles partagent leur vécu. »
- Puis l’atelier créatif débute. « Ça peut être du collage à partir de magazines. Elles découpent des mots et des images qui peuvent illustrer ce qu’elles éprouvent, quand elles n’arrivent pas à l’exprimer verbalement. »
- L'animatrice utilise aussi la peinture, l’argile, l’encre et la pastelle pour qu’elles rentrent dans un processus de création. « Certaines vont avoir besoin d’aide. La page blanche peut être source d’angoisse. Alors je vais les guider par rapport aux conversations qu’on a eues, ce qu’elles aiment…»
Quels bénéfices ?
- Ces ateliers d’art-thérapie visent à les plonger dans une bulle créative afin qu’elles ne pensent pas à leurs problèmes, notamment liés à leur grossesse difficile. « Elles produisent quelque chose, elles se mettent en action, contrairement au reste du temps, où elles sont en attente de résultats. C’est très anxiogène. »
- Ces femmes peuvent aussi échanger avec d’autres, et prendre du recul par rapport à leur souffrance. « Elles se sentent parfois coupables et pensent que c’est de leur faute. Mais en parlant aux autres, elles se rendent compte qu’elles ne sont pas seules et finissent par accepter ce qui leur arrive. Elles lâchent prise. »
Abonnez-vous gratuitement
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nantes