L'entretien : « L'apnée révèle toute l'efficacité de la lenteur »
Jeudi 6 novembre, l'apnéiste niçois Guillaume Néry, multiple champion du monde, plonge dans le grand bain des Jeudis de la Villa Ephrussi de Rothschild. Un dîner-rencontre passionnant avec le maître de la respiration qui lance la programmation de ce rendez-vous. Vous pouvez encore vous inscrire ici. En attendant, nous l'avons questionné sur ce qui l'inspire.
Quels messages allez-vous délivrer ?
« Ce sera l’occasion de s’évader et de parler de mon expérience. De faire découvrir un autre monde dont les valeurs résonnent un peu plus fort aujourd’hui. L’objectif est de faire prendre conscience qu’il est important d’ouvrir les yeux sur notre environnement. On vit à côté de la mer et pourtant, beaucoup ignorent encore ce qu’il se passe à la surface ou en profondeur. J’y ai fait des performances, des records… On repousse encore les limites en apnée, c’est fascinant. Mais l’objectif n’est pas d’aller vite, d’être le plus fort. C’est autre chose. Il y a un lien fort entre notre corps, notre mental, notre souffle. C'est une philosophie de vie. »
Quelles valeurs de l’apnée résonnent aujourd’hui ?
« Au sein de mon académie (BlueNery Academy), nous avons une approche très holistique. L’objectif est d’acquérir les connaissances aquatiques et techniques nécessaires à la pratique, mais aussi à mieux se connaître tout simplement. Une grande partie de mon activité est de transposer cette approche au monde de l’entreprise. On vit dans une société de performance… Nous, pour être performant, il faut savoir ralentir pour aller plus loin. On est un peu à contre-courant. La problématique de burn-out, le surmenage, le sentiment d’être dans l’urgence, ce n’est pas tenable sur le long terme. L’apnée, c’est l’efficacité de la lenteur. »
Vos autres passions ?
« En ce moment, c’est le trail. Je n’arrête pas de courir et d’être à la montagne. Avec mes parents, j’ai fait beaucoup de randonnées dans le Mercantour. Je renoue un peu avec les sommets et les sentiers. Il y a un côté très animal qui correspond à ce que je ressens dans l’apnée. Quelque chose de primitif. Je garde aussi ce côté scientifique obsessionnel du rapport au corps, à l’effort. Ça me passionne ! En course, on a un temps de solitude beaucoup plus long. Lors d’une plongée en compétition, on parle de 3’30 de solitude. Mais celles-ci sont très intenses. J’aime comparer les deux et j’y trouve beaucoup de similitudes. »
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