L'entretien : « Il n'y a pas de club de rugby sans stade »
L'ancien joueur pro Jean-Baptiste Aldigé, 41 ans, a posé ses valises à Nice à l'été 2024 en tant que président du Nissa Rugby. Toute la semaine avec ses équipes, il est au stade des Arboras, QG du rugby niçois, pour structurer le club de Nationale avec en ligne de mire... le Top 14.
Comment êtes-vous devenu président ?
« Mon histoire est indirectement liée à Nice. Le 14 juillet 2016, je suis avec Brice Dulin sur la promenade des Anglais et nous avons échappé au terrible attentat. On est parti dans la nuit pour la côte ouest et j'y ai rencontré mon épouse. Je jouais alors à Hong-Kong et j'ai tout stoppé pour la rejoindre et fonder une famille. Avec mes associés nous avons sauvé le Biarritz olympique qui était en faillite en 2018. Malheureusement, le club ne s'est pas adapté au modèle économique du rugby pro. Pendant 7 ans, on a fait des chèques et il a été impossible de mettre en place le projet que nous voulions. On devait maintenant trouver un autre endroit pour gagner en Top 14. »
Pourquoi Nice ?
« 70% des revenus d'un club proviennent des TPE et PME à 100km à la ronde qui achètent des places hospitalités pour inviter les partenaires, collaborateurs, etc. J'entends souvent : « Nice n'est pas une ville de rugby »... Mais ce n'est pas la question ! Bordeaux, j'y ai joué, n'était pas une ville de rugby et pourtant ils y sont arrivés. Lyon, c'est pareil. À Nice, le tissu économique est présent. Il restait 3 villes en France où le rugby pouvait s'installer et briller : Lille, Genève et Nice. Aix-en-Provence/Marseille va finir par basculer dans l'élite. Voilà pourquoi on est là. Si nous sommes en Top 14, il y aura ici 20 000 personnes les week-ends. »
Comment ?
« Le club a goûté à la Pro D2 l'an dernier, mais c'était impossible de se maintenir. Pas parce qu'on était mauvais. La réussite au rugby est mécanique et il faut respecter les process. Cette accession en ProD2 a ouvert des opportunités pour construire un effectif solide aujourd'hui. Du jamais vu en Nationale. Nous avons maintenant un centre de formation agréé. Le premier dans le département. Ça donne aussi du poids, je l'espère, pour le projet de création d'un stade qui est vital pour la réussite du club. Il n'y a pas de club de rugby sans stade ! Des sponsors qui mettent 100 millions d'euros pour avoir leur nom sur un maillot, ça n'existe pas en rugby. Ce qu'il faut, c'est être accueillant et générer des revenus avec notre réceptif. Notre stade, c'est notre supermarché pour vendre de l'hospitalité. Le stade avait été annoncé par Monsieur Estrosi pour 2029. Une grande tribune tubulaire sera installée la saison prochaine. En attendant, nous finançons le projet sportif en structurant le club avec des joueurs performants. Quand on se déplace, c'est comme le PSG en Coupe de France : on fait le plein partout où on va. Aujourd'hui, nous sommes là où nous devons être, dans le rythme pour monter en ProD2. On a fait jouer 40 joueurs différents, on fait des tests. Ce qui compte, c'est gagner à la fin et monter. »
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