L'entretien : « Impossible d'en garder sous le pied »
Après une grave blessure en 2023, le Niçois Matthieu Bailet a attaqué avec conviction une nouvelle saison sur les skis. Le descendeur de l'Interclub Nice a brillé à Val Gardena en prenant la 5e place du Super G. Ce week-end, c'est à Kitzbühel en Autriche qu'il espère valider son billet pour les Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina. Nous avons échangé avec lui alors qu'il était en stage, début janvier, avec l'équipe de France à Auron.
Comment jugez-vous votre début de saison ?
« Physiquement, je me sens bien sur les skis. Mon début de saison aux USA a été compliqué avec une météo pas favorable, puis des dossards élevés qui rendent la performance difficile. Mais j’avais quand même de bonnes sensations qui se sont confirmées avec ma 5e place à Val Gardena. Derrière, à Livigno, je fais une sortie de piste. C’est frustrant, mais j’ai décidé cette saison de penser de manière positive. Dans notre sport, c’est impossible d’en garder sous le pied. On est soit à fond, soit loin dans les classements. On peut faire parfaitement 99% du boulot… si on foire les 1% restants, on récolte zéro ! Psychologiquement, ça peut être difficile. Ce que je dois retenir, c’est donc que j’étais dans le rythme à nouveau et que c’était peut-être mon meilleur ski jusqu’à présent. Une personne qui regarde juste les classements et les résultats ne peut pas comprendre ça. Ma confiance est en train de se construire. »
Qu’attendez-vous de cette année olympique ?
« Là aussi dans notre sport, c’est très différent. La sélection pour les JO ne se fait qu’une semaine avant. Cela nous oblige à avoir un double projet avec ou sans les JO. On n’a pas beaucoup de cartouches dans le fusil pour y arriver. C’est pour cela que la moindre course, le moindre résultat est important. Il y a le poids médiatique et les attentes qui s’ajoutent à cela. Il faut arriver à faire abstraction pour être dans le présent. Après, une fois sélectionné, tout est possible. C’est la beauté de notre sport. Le jour J, tout peut arriver. »
Vous êtes un vrai ambassadeur de Nice…
« Depuis tout petit, on se moque de nous dans le milieu de la montagne... (rires). Moi, je suis un citadin, j’adore ma ville. On habite près de la mer et pour les montagnards, on n’est pas des vrais… Mais on est le comité qui monte le plus d’athlètes en coupe du monde. On sait skier. L’air marin nous rend uniques. On n’a pas les meilleures installations quand on se compare aux autres grandes stations des Alpes. Mais chez nous, on n’a pas le droit à l’erreur. On ne peut pas se louper et on doit franchir des caps clés, sinon on n'existe plus et on disparaît. Cela nous rend spéciaux et déterminés je pense. Peut-être plus que les autres. On doit toujours défendre quelque chose. Ici j’ai mes amis, ma famille, même l’odeur de chez moi, quand je passe la porte après de longs déplacements, ça me fait du bien. »
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nice