Mardi 26 mai
Le 26 mai 1944, les alliés bombardaient Nice 🪖
Rédigé par Fabien Pigalle
Plus de 5 600 habitants se retrouvent sinistrés et ont dû être relogés après les frappes des alliés (crédit : Usaaf).
Des commémorations ont lieu aujourd'hui dans plusieurs quartiers de la ville pour rendre hommage aux victimes de l’attaque menée par l’aviation alliée le 26 mai 1944. Les bombardiers américains ciblaient alors les infrastructures ferroviaires de Saint-Roch. Un événement est venu assombrir cette journée.
Ce qu'il s'est passé
- L'attaque s'est déroulée entre 10h26 et 10h31 : 4 frappes en 5 minutes. Elle commence lorsque 29 bombardiers américains frappent la gare de Saint-Roch, touchant la rotonde, une usine électrique et des wagons SNCF.
- « La première vague est un succès puisque les infrastructures sont détruites. Mais avec les fumées dégagées, les alliés n'étaient pas certains d'avoir touché complètement leur objectif. Certains pilotes ont même confondu le vélodrome du quartier pasteur pour la rotonde », explique Jean-Louis Panicacci, historien et président du Musée de la Résistance azuréenne.
- Avant la deuxième vague, les Allemands décident de faire retentir la sirène de fin d’alerte pour faire sortir des abris les familles niçoises. Un acte ignoble. 32 B-24 du 98eBomber Group volant à plus de 5000 mètres d'altitude frappent de nouveau la gare, les quartiers de l’abattoir, la route de Turin et l’avenue de la République.
- Les avions de la 3e vague, gênés par la fumée, confondent leurs objectifs. Ils larguent leurs bombes sur les quartiers résidentiels entre le Paillon et les collines de Cimiez.
- Pour finir, c’est le pont du Var qui est visé. L’attaque touche un train et cause la mort de 46 passagers, dont de nombreux Niçois.
Quels résultats ?
- Côté pertes civiles, le nombre de morts varie entre 313 et 384. Environ 100 à 153 personnes sont portées disparues et près de 480 blessées.
- Plus de 5 600 habitants se retrouvent sinistrés et ont dû être relogés.
- « 700 immeubles sont détruits ou gravement endommagés », rappelle Jean-Louis Panicacci. Autour de la cible principale, la moitié des voies de la gare Saint-Roch sont hors d’usage. 5 locomotives et 160 wagons sont anéantis. 139 commerces sont touchés en parallèle.
Dans quel but ?
- Il s’agit d’un des épisodes les plus meurtriers de l’histoire de la ville, et laisse une trace indélébile dans la mémoire collective niçoise. 71 tonnes de bombes ont été lâchées en quelques minutes.
- « Ces bombardements dans le Sud-Est visaient avant tout à tromper l'ennemi à l'approche du débarquement en Normandie. Tout était fait pour brouiller les pistes et perturber les soutiens vers le Nord », explique l'historien qui sera présent aux commémorations tout en préparant la journée du 27 mai. « C'est la journée nationale de la Résistance, date symbolique de la création du conseil national par Jean Moulin », rappelle-t-il.
- Chaque année, la ville rend hommage aux victimes de ces frappes aériennes du 26 mai 1944. Elle marque le souvenir du tribut payé par la population civile pendant la Seconde Guerre mondiale.
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