Me Françoise Assus-Juttner "dévoile l’intimité de la salle d’audience"
Avocate au barreau de Nice, Françoise Assus-Juttner sera une des lectrices de En attendant le futur, le 20 juin, un texte qui restitue les dépositions des 270 victimes de l’attentat du 14 juillet 2016. Une proposition du TNN dans le cadre du Festival de tragédies.
Pourquoi cette lecture est importante?
« Parce que c’est le 10e anniversaire de l’attentat de Nice, déjà, et le TNN se devait d’inscrire ce drame dans le cadre d’un Festival de tragédies. C’était son devoir, en tant que théâtre national, et c’était prévu. À partir de là, Muriel Mayette-Holtz s’est penchée sur le texte de Me Olivia Chalus Penochet, qui relate les 3 mois de procès que nous avons passés. Un procès qui d'ailleurs s’est déroulé à Paris, auquel tout le monde ne pouvait pas assister. C’est, pour moi, le procès de la frustration : en plus de sa délocalisation, il n’a pas été très couvert, on n’en a pas fait des livres. Ici, on dévoile l’intimité de la salle d’audience. Cette séance est dédiée aux victimes. C’est un hommage, quelque chose de solennel et de symbolique. »
Quel rôle avez-vous joué à l’époque?
« J’ai été l’avocate de victimes. Avec mon cabinet, nous en avons accompagné une trentaine. Je crois qu’avec Me Chalus, nous sommes les deux seules à vraiment avoir vécu la chose de l’intérieur. Même si ce n’est pas forcément pour cela que Muriel Mayette-Holtz est venue me chercher : nous nous connaissions et je suis présidente du comité de lecture du TNN. En 2016, j’étais également correspondante de l’association française des victimes du terrorisme et j’avais fait de l’accueil à l’antenne de Nice, quand elle a été installée. »
Que reste-t-il de cet événement?
« Je ne suis pas victime donc je ne peux pas dire que les choses se sont apaisées. Quant à ceux qui étaient sur place ce soir-là, je sais que le sentiment de mort imminente ne disparaît pas. C’est comme la colère : c’est le thème que j’ai choisi de défendre quand il a été question de préparer cette lecture. Ça a été un attentat de masse qui a touché toutes les classes de la société et toutes les nationalités, en plus de mettre à mal les symboles républicains. Ça laisse des traces tenaces. »
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