Le portrait : Philippe Arnello, sans artifices
Chaque jour, avec un peu de poudre noire et beaucoup de savoir-faire, le Niçois ranime l’histoire locale. Depuis la colline du château, il répète tous les midis, un geste cher au cœur des Niçois… depuis Sir Thomas Coventry.
Bio express
Il est né à Nice cerné de sourires. Son père avait créé Azur Fêtes en 1954, déterminé à répandre la bonne humeur tout autour de lui. Une entreprise dédiée aux joyeux événements… « Dans laquelle, comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit. » Au départ, ils peignent, brodent, habillent… Les batailles de fleurs et autres célébrations traditionnelles portent leur empreinte. Y compris le carnaval pour lequel ils font des grosses têtes. Et puis les feux d’artifices et autres effets spéciaux s’invitent dans leurs ateliers. Philippe Arnello a deux frères, mais il est le seul à marcher dans les pas du père. « On travaille ensemble jusqu’en 1982. Un soir de feu d’artifice, il me laisse gérer les derniers détails pour aller l’admirer depuis la plage… À mon retour, ma mère m’annonce qu’il a eu un grave accident. J’avais 27 ans, j’avais perdu mon père et je devenais patron d’Azur Fêtes… »
La tradition
C’est en 1992 qu’on vient le chercher à la rescousse pour perpétuer une autre tradition. « Deux mois qu’on ne tirait plus le coup de canon et les Niçois le réclamaient ! Jusque-là, les policiers s’en chargeaient, mais la loi avait changé et il fallait avoir le diplôme d’artificier. » Philippe Arnello accepte de se rendre sur site tous les jours à midi pile. Du Mont-Boron à l’aéroport, grâce à lui, les gens tressautent. Conformément à ce qu’avait instauré Sir Coventry… en 1861 ! Obsédé par les instruments de mesure du temps - et par la nécessité de mettre les pieds sous la table à l’heure convenue - il avait décidé qu’un coup de canon ferait efficacement basculer son épouse de sa balade au déjeuner. Jamais plus - sauf période de Covid - l’on a cessé, à Nice, de marquer midi de manière explosive. « Je suis très fier ! Et je ne suis jamais en retard ! Les gens viennent parfois me voir, les écoliers aussi… il arrive qu’ils soient déçus de ne voir aucun canon, mais ça reste un spectacle. » Pour voir un vrai canon, il faut le retrouver les soirs de match : « Quand l’ogcn gagne, l’aiglon du match allume la mèche, sous mon contrôle. On est sur la pelouse, j’adore ! »
La relève
Quand sa fille Kelly, 37 ans, boucle ses études, il lui propose de le rejoindre. Elle accepte, elle a son diplôme d’artificier elle aussi. « Depuis un an ou deux, je délègue pas mal. » Les pistes l’attendent - il est moniteur diplômé -, la raquette de tennis le titille, celle de padel lui fait de l'œil… et ses sept petits enfants - il a 4 enfants ! - devraient combler tous les espaces restants. « C’est agréable la famille… »
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