Le portrait : Agathe Voisin, une commissaire à l'écran
À 36 ans, Me Agathe Voisin vit de sa passion à la tête de la Maison de Ventes Nice Enchères. Cette commissaire-priseur que l'on peut voir dans l'émission de France 2, Affaire Conclue, ne cesse de dépoussiérer le métier. Avec convictions.
Bio express
Née à Reims, Agathe Voisin a reçu en héritage d'une maman dentiste et d'un papa technicien dans un hôpital, la passion pour l'art, les belles choses et les grandes histoires. Mais rien ne la prédestinait pour autant à tracer sa route jusqu'au marteau. « J'étais au collège et j'ai tout simplement cherché dans les classeurs d'orientation du CDI les métiers liés à la culture. Mais je ne voulais pas travailler dans une bibliothèque ou un musée. Là, j'ai vu commissaire priseur. Je trouvais ça génial de découvrir des objets, d'enquêter etc. » Cette passionnée d'escalade se lance dans des études exigeantes. Elle gravit les échelons un par un. « 3 ans de Droit, 3 ans d'Histoire de l'Art et 2 ans de spécialisation à l'école du Louvre avant de passer l'examen », rembobine-t-elle. Elle fait ensuite ses classes chez Christie's, Artcurial et Caen Enchères. Jusqu'à vouloir monter sa propre maison.
Le grand saut
« Aujourd'hui, il y a de plus en plus de femmes dans le milieu, comme pour les notaires. Ce sont des examens où les femmes excellent. Mais ce n'était pas le cas à mes débuts et j'avais envie de bousculer tout ça. Pour y arriver, je savais qu'il fallait acheter ma propre étude. Je trouvais dommage que ce métier passionnant ait une image un peu ridée. » En 2017, elle rachète les parts de Nice Enchères et rencontre son mari Cyril, niçois, qu'elle embarque dans l'aventure. « Sans lui, ça n'aurait pas pu fonctionner. Il maîtrise les chiffres et les tableaux Excel, alors que moi, c'est plutôt les tableaux tout court », plaisante cette maman épanouie de deux enfants (Raphaelle, 4 ans et Joanna 1 an).
Le renouveau
Avec 44 ventes en 2025, l'étude ne cesse de grandir sous l'impulsion de cette femme alerte et active sur les réseaux sociaux. « C'est important aujourd'hui de communiquer avec les moyens à disposition. De se mettre en scène et d'embarquer le public au cœur de notre métier. » Puis un jour, le coup de fil. « L'équipe casting d'Affaire Conclue m'a appelé, je n'avais rien demandé et j'ai été sélectionnée. J'ai découvert un monde nouveau à Paris lors des tournages. Cette émission a permis de démocratiser le monde des enchères. » Elle découvre le jour-même les objets mis en vente et pousse ses recherches ensuite pour raconter leur histoire. L'estimation, elle, est toujours impartiale. Prochainement, des journées d'expertises seront réalisées à Menton. « Il y a un vrai engouement pour les salles de vente parce qu'on est dans l'air du temps, avec ce principe de donner une seconde vie aux objets, à réutiliser plutôt que jeter. » Et transmettre une histoire. Petite ou grande, peu importe.
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