Le portrait : François Miral, opticien visionnaire
Avec son frère, il est à la tête de boutiques luxueuses qui font la part belle aux lunettes. Mais attention, pas à n'importe lesquelles : uniquement à celles qui vont sublimer sa soif de créativité. Une passion qui le nourrit depuis petit…
Bio express
Il est né à Nice, il y a… 47 ans. Juché sur un des fauteuils en velours de sa boutique de Cap 3000 et accoudé au bar au-dessus duquel il jongle avec les montures, François Miral revient sur son enfance. Des parents dans le commerce des assurances, un frère - Christophe - de 2 ans de moins et, dans le même immeuble, des cousins. « Ils étaient opticiens. On les adorait, ils étaient nos idoles… alors, très vite, on a voulu faire comme eux. » Au lycée, les frangins se retrouvent dans la même classe - François, rougissant, nous soufflera pourquoi - et enchaînent de concert. « On a fait l’école d’optique. On nous a surnommé les frères Miro ! C’est devenu notre marque, des années plus tard. Et puis on a voulu aller au-delà, donc on s’est formés aussi à l’optométrie. » Il travaille 5 ans chez un ophtalmologue, apprend beaucoup. « Pour le reste, je savais qu’on monterait un truc de luxe, mais je ne savais pas quoi. » La suite est une histoire de désir, de défi et de culot… qui se termine sous l’enseigne Les opticiens créateurs, à Cap 3000, en 2006.
L’entrepreneuriat
« Pour s’installer ici, il fallait arriver avec un projet fort. Celui que nous avions vendu est tombé à l’eau après que le centre l’ait validé. Il a fallu rebondir dans la minute. » Le concept est lancé. Avec le soutien de leur maman, il cartonne. Cinq ans après, naît la boutique de Monaco. Puis Nice, Cannes, Antibes, Beaulieu… « Au bout de 10 ans, Christophe s’est orienté vers la création. Il a son atelier. » François, lui, c’est en boutique qu’il se régale. « J’ai un look classique, mais j’adore l’art. Quand les clients ressortent avec ça (il désigne une paire à la Mondrian), je kiffe tellement ! » Sauf que le déploiement de son activité l’a forcément un peu éloigné des rayons de binocles. Et de son fils, aussi… Valentin a 9 ans et s’il manifeste déjà un intérêt solide pour l’optique arty, il a aussi besoin de son papa. Alors, depuis quelque temps, ce dernier révise un peu les choses. « Je vends des boutiques, je réduis la voilure. Je veux du temps pour me recentrer sur ce qui compte vraiment. »
Et demain
« Moins de boutiques, c’est moins de gestion et c’est aussi renouer le contact avec les clients. C’est prendre le temps de dialoguer, de les connaître. Et, du coup, de savoir comment faire évoluer mes choix créatifs. » C’est donner du sens. « J’ai toujours eu cette approche atypique liée à l’art, à l’humain et aux belles choses. C’est dans ce sens que je vais travailler encore. Je suis entrepreneur dans l’âme, j’aurai toujours des projets... »
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