Le portrait : Nathan Mesiano toutes voiles dehors
Il a 19 ans, un parcours qui force déjà le respect et un rêve si grand que de nombreuses personnalités se sont mobilisées pour l’aider à le réaliser. Cagnotte en ligne, vente aux enchères demain… Le jeune navigateur a le vent en poupe.
Bio express
Très tôt, c’est la mer qui agite son cœur de petit niçois. À 6 ans, il entre au club nautique de Beaulieu, mais il naviguait déjà. Car si sa mère, directrice financière à Cap d’Ail,« a le mal de mer » et que son petit frère n’est pas fan, son père, lui, est dans la voile. « Aujourd’hui, j’ai peu de contacts mais, à l’époque, il m’emmenait sur son bateau. » Le vrai déclencheur ? « En 2012, je vois le départ du Vendée Globe à la tv et je dis : c’est ça que je veux faire ! En 5e, il entre en sport-études voile à Antibes. En 2021, il fait sa 2nd à Nice tout en s’entraînant au Cresp d’Antibes. « Mon ambition, c’est de faire les championnats de France, d’Europe, du monde… » Seulement, quelques mois plus tard, Nathan est pris dans un ouragan de tristesse et de désespoir. « Rien n’allait. » Il a 15 ans quand il bascule sur les rails. Il y perdra un bras… et cette noirceur qui l’avait envahi. « J’ai pris conscience de la valeur de la vie et de l’amour de mes proches. » À son réveil, il voit sa mère : « Je lui dis : maman, la voile, c’est fini. Elle me répond que ce ne sera jamais fini. »
Une renaissance
« Je croyais si fort en ce que m’a dit ma mère que je me suis battu pour obtenir, 3 mois après, l’autorisation du médecin pour naviguer. » On lui propose un engin adapté. Il refuse. Il prendra la mer comme un valide. « J’allais devoir travailler dur. » Lucie sera son équipière. « Pas évident pour elle, mais elle m’a fait confiance et ça nous a beaucoup soudés. On ne va pas se mentir : ça n’a pas été simple. Mais c’est beau de voir à quel point le cerveau et le corps s’adaptent. » Pas évident non plus d’être qualifié pour le championnat de France après une absence. « J’ai appelé le comité, j’étais le second meilleur de la région avant l’accident… ils ont accepté. » La course est compliquée, mais il la boucle. Championnat d’Europe, du monde en catamaran… Avec son meilleur ami, cette fois. Les résultats sont là. Septembre 2024, Défi Wind : « On est 600, je veux juste aller au bout. Je me fais faire une prothèse, etc. » Challenge relevé. Il renoue avec ses rêves, les étoffe, s'entraîne même avec Jean-Pierre Dick ! « Aujourd’hui, je veux partir au large en solitaire, sans assistance... »
Financer le rêve
La Mini Transat, ce sera en 2027 et en solitaire. Il sourit. « Le bateau fait 6,50m ! Ma mère est inquiète. En plus, elle a vu qu’il y avait des attaques d’orques à Gibraltar. » Il rit. « Elle m’aide beaucoup malgré ça, elle me soutient à fond. » Benjamin Mondou aussi porte haut le projet de Nathan. Il a fédéré de grands noms, une cagnotte a été créée et demain, une vente aux enchères aura lieu au casino de Beaulieu pour financer la course et l'achat de son bateau. Il ne tient qu'à vous, maintenant, d'embarquer dans l'aventure de Nathan !
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