Le portrait : Bastien Bosio cultive le bonheur
Il porte un nom qui ne fait dresser aucun sourcil à Nice, tant il est ancré : sa famille, aux racines italiennes, s’est fait une place sous le soleil de Nice il y a bien longtemps. Ce même soleil qui, aujourd’hui à 33 ans, lui permet d’exceller dans son art… du maraîchage.
Bio express
« Vous voyez la peinture tout au fond, à l’opéra de Nice ? C’est de mon arrière-grand-père. Et, à la Bollène-Vésubie, il a peint à peu près tous les bâtiments et les maisons. » Il rit. « Il avait son atelier à Garibaldi. Là où est Monoprix. » Il marque une pause. « J’ai une famille d’artistes. » Même si le grand-père a été ingénieur des mines « dans le nord », que son père, né à Paris, est devenu kiné : le Sud et le beau ont toujours eu leurs faveurs. À St-Pancrace, où Bastien Bosio grandit, il est clair que ce n’est pas le trait qui le mobilise - sa sœur, Emmanuelle, oui : elle est architecte - mais la couleur, le fascine. Celle du ciel, des fleurs, des fruits, des légumes, de la nature… « Au lieu de me coller devant la tv, j’allais voir le potager de ma grand-mère ou l’oliveraie… » Il s’oriente dans le vivant, en biologie. Il part à Madagascar pour valider ses études, mais les postes qu’on lui propose au retour ne lui plaisent pas. « Je vais travailler dans le yachting, pendant 5 ans, mais ce n’est pas mon monde. » Certains copains sont dans le jardinage… En 2019, il lance son affaire.
La terre
« Je savais entretenir, tailler. C’était facile. Et c'est incroyable comme ça a marché ! » Il prend du plaisir. Le nez au vent. « Un jour, Kevin, mon meilleur ami, entend parler d’un poste au Grand Hôtel du Cap…» Bastien Bosio n’hésite pas. Sa candidature est retenue. En 2024, il devient “maraîcher salarié”, chargé de quelque 3500m2 avec vue sur mer. « Ma mission, c’est d’optimiser l’espace et d’y produire, en permaculture, les plus beaux produits possibles. Le chef, Yoric Tièche, me laisse carte blanche : il s’adapte à ce que je sors de terre. » C’est une collaboration intelligente et fructueuse. Il se régale. « Là, je plante des cébettes. Mais, je privilégie aussi les produits difficiles à trouver comme les micro-légumes, des herbes aromatiques, des variétés anciennes… » Il pense au goût, aux nutriments - « Qui a envie de manger un légume qui ne nourrit pas ? » - mais aussi au patrimoine. Il pense également à l’environnement. « En cuisine, il n’y a pas de déchets. S’il y en a, ils me reviennent… C’est assez extraordinaire. »
Une mission de vie
« Quand je vais chez ma mère - directrice d’agences de voyage -, je m’occupe du potager, chez ma grand-mère aussi… Dès que je vois un lopin de terre, j’y vais. Je suis un aliéné ! » Il rit, encore. « Je veux que les gens que j’aime goûtent au bonheur de manger de bons produits. Comprennent pourquoi c’est si précieux. Tout le monde devrait avoir accès à ça! » Enfin, quand il ne bêche pas, qu’il ne cueille pas - champignons, herbes -, il pêche. « Avec mon père. Je suis très famille. »
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nice