Le portrait : Coline Ciais-Soulhat capture le beau et le bon
Elle immortalise l’éphémère. Des gestes, des saveurs, des couleurs, un goût… et tout ce qui se trame autour d’une cuisine de chef(fe). Elle est photographe culinaire.
Bio express
« Je suis Niçoise pure et dure ! Je ne suis jamais partie d’ici. » Il y a 36 ans, son fief, c’était la rue Vernier, aujourd’hui… aussi. À quelques encablures près. « J’ai une soeur de 3 ans de moins. Mon père était comptable, ma mère assistante maternelle. » Coline Ciais-Soulhat marque une pause. « Elle aimait peindre. D’ailleurs, j’ai vite été inscrite à la villa Thiole. » Les arts plastiques la chavirent. Elle se destine à une carrière dans le dessin. « En même temps, je suis fascinée par la nourriture, même si je suis très difficile. À la maison, c’est plutôt tofu-lentilles. C’est plus tard, au contact des chefs que je côtoie pour le travail, que je fais évoluer ça… » Ado, elle a un compact qu’elle emmène un peu partout. Vers 17 ans, elle emprunte l’appareil photo de sa mère. À 18 ans, elle casse sa tirelire pour s’offrir le sien. « Tous les copains avaient des photos Facebook prises par moi ! » Après le lycée, elle entre à la fac, en anglais. Elle décroche son premier job étudiant à Marineland. « Je prends des photos des visiteurs, à la chaîne… horrible. » Elle rit. Elle poursuit ses études en com’. « Je fais d’autres petits boulots, plutôt dans le social et ça, ça me parle. » Elle sera assistante de prévention sécurité au collège Vernier pendant 5 ans. Là-bas, dans l’établissement de son adolescence, elle crée aussi un club photo.
Le déclic
« C’est ma sœur qui me met le pied à l’étrier quand, en 2019, elle décroche un boulot dans la com’ auprès d’un chef cuisinier. Elle m’impose à la photo. » Coline Ciais-Soulhat collectionne les bouquins de cuisine et se shoote aux émissions culinaires. Son appétence pour le domaine transpire de ses clichés. Un client en amène un autre. Elle complète par de la “photo sociale. « Après la pandémie, côté restos, c’est l’explosion. La demande est pressante. En 2021, je passe à temps plein. » Toujours un peu de mariages. “« Janvier 2024, alors que l’événementiel représente ⅓ de mon CA, je décide d’arrêter : ça a été ma meilleure année… J’ai décroché des contrats auprès de belles maisons. » Des étoilés et d'autres qui méritent d'être connus. Tout en s’investissant bénévolement pour le Refugee Food ou la Fête de l’oignon rose de Menton. « Hyper important. »
Et demain ?
Qu’il soit question de bistronomie ou de haute-gastronomie, Coline Ciais-Soulhat avance avec une pâte “reportage”. Ses photos sont immersives, vivantes, naturelles. Si bien qu’elle la met aussi à profit de céramistes, masseuse, naturopathe: « Je suis sur le geste, le savoir-faire. » Un jour, quand même, elle aimerait bien voir ses photos sur papier glacé dans un livre de cuisine. Histoire de « sortir un peu du format écran ».
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