Le portrait : Brian Caddy met de la couleur dans nos vi(ll)es
Ses créations fleurissent notamment sur les façades des immeubles niçois - dans leur version monumentale - mais elles commencent également à inonder les galeries. Rencontre avec un artiste à l’univers haut en couleurs.
Bio express
Il a grandi à Saint-Laurent-du-Var auprès d’une mère assistante maternelle et d’un père facteur. Il est l'aîné d’une fratrie de trois garçons. Brian Caddy a 38 ans. « Mes parents tenaient à ce que l’on fasse du sport. J’ai opté pour le rugby et le tennis. Mes frères se sont lancés dans le foot. Ils sont devenus pro ! Dorian a joué à l’OGC Nice. Warren est pro au Danemark. » Son truc, c’était le trait et la couleur. « En maternelle, je me souviens de la réaction de la maîtresse quand elle a vu les étoiles que j’avais réalisées pour une grande fresque collective. Elle était impressionnée. » Ado, il découvre le graf’. « Quand je roulais en voiture, avec mes parents, je regardais les murs, les façades, tout le temps. » Pas question, pour autant, de le pousser vers l’artistique. « Je crois que l’époque était différente », glisse-t-il. Il suit donc une scolarité classique. Jusqu’à la villa Thiole où il fait une année de prépa. « J’avais pour ambition d’aller faire les beaux-arts. » Il sera pris à Toulon, en design d’objet. Pendant 3 ans, il affûte sa créativité. « On me disait que j’avais plus un tempérament d’artiste que de pur designer, mais ça me plaisait. Et ça m’inspire encore beaucoup aujourd’hui. »
Les débuts
Retour à Nice. « J’étais devenu ami avec Otom, sur les terrains [lieux abandonnés où ils créent] - et la Ville venait de le mobiliser pour décorer un peu les rues et notamment les barrières de chantier du tram. Il m’a fait entrer dans le circuit. » Brian Caddy pose son art et ses couleurs vives sur différents chantiers. Il apporte aussi beaucoup de lumière sur les façades de Côte d’Azur Habitat. « Mon choix de couleurs ? Peut-être vient-il des Antilles, mes origines. Mais ici aussi, c’est très coloré ! Et puis c’est aussi un peu inspiré des années 80-90, de la culture de mes parents, du Prince de Bel-Air que je regardais tout le temps… » Cette énergie, il la transmet : il intervient dans les écoles. Oublié, le design d’objets ? « Pas tout à fait… Je viens de faire des assiettes et des plats avec une amie des beaux arts devenue céramiste à Ollioules. Et je vais aussi travailler sur des vêtements avec l’OGCN. »
Objectifs
S’il graffe à Nice, Paris, Londres, dans des hôtels ou sur des façades, c’est son travail avec les galeries qui, cette année, l’a grandement séduit. « J’ai vraiment envie de développer ça. » Et pour ce faire, le père de famille a également hâte de trouver son antre. « Je bosse chez moi ou depuis l’atelier d’un ami, mais j’aimerais vraiment avoir mon espace. »
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