Le portrait : Julie Herbin-Meunier, guerrière stylée
Elle est le sourire d’une entreprise qui, depuis 10 ans, a pour mission de ramener un peu de soleil dans la vie de ceux que la maladie accable. Elle est aussi maman, depuis 4 ans, et pleine d’un bonheur contagieux, qu’elle balade de Nice à Toulon.
Bio express
Si Julie Herbin-Meunier a renoué avec ses racines « en épousant un toulonnais » et en retournant là-bas, c’est à Nice qu’elle laisse s’épanouir son entreprise : Les Franjynes. On rembobine : il y a 39 ans donc, elle naît à Hyères, juste avant son frère. Sa maman est coiffeuse et deviendra aide-soignante. Son beau-père est ambulancier. « J’étais une petite fille créative, studieuse et sportive. » Bac S en poche, elle fonce en océanologie à Marseille. Elle rit. « Je bascule en anglais, mais ça ne va pas non plus. Il me fallait un cadre. » À Toulouse, elle décroche un BTS professions immo. Elle affine avec une licence de droit. « Je fais mes 2 ans de master en cours du soir, en travaillant pour un cabinet. » Elle est juriste en droit immobilier. Elle rit encore : on est loin du métier de « nonne-docteure » auquel elle se destinait ! « J’étais passionnée par le droit et la passion, c’est mon moteur. » À 25 ans, elle est cadre, achète son appart, adore son boulot… À 27 ans, elle a un cancer du sein. Très agressif. Elle ne répond pas aux traitements. Et puis il y a cet essai clinique... « En m’y donnant accès, le centre Lacassagne m’a sauvé la vie. »
La vie
« En perdant mes cheveux, j’avais deux alternatives : perruque ou bonnet. Aucun des deux ne me convenait. Ma mère était coiffeuse, on avait des postiches, on a commencé à bricoler quelque chose. Des mèches, un turban : ça change vraiment tout. » Elle dépose le système, se fait accompagner pour créer sa boîte, lance une campagne de crowfunding. En 45 jours, elle obtient 45 000€. Elle initie une gamme femmes et enfants. Plus tard, elle lance les hommes et se renouvelle tout le temps. Julie est en mission. À sa place. « Utile. » Et il y a 4 ans, elle a même eu un bébé. « J’en avais fait le deuil, à cause des traitements… et puis j’ai eu des symptômes étranges. J’ai cru que je retombais malade ! » Bowie, son petit miracle à frange, est venu pimenter un quotidien déjà intense.
Et demain ?
« Il y a 400 000 personnes qui perdent leurs cheveux tous les ans en France, 4 millions en Europe. Et je n’en aide que 3000. L’objectif, c’est d’en soutenir plus ! » Son boulot, Julie l’emmène partout. À la maison, au crossfit, en balade à cheval avec sa fille… Elle ne sait pas trop lever le pied. « Je suis taureau - ascendant balance : je suis compétitrice, je ne lâche rien ! » En dévoilant ce qui est aussi, probablement, une des clés de la réussite de son traitement, elle rit. En 2021, elle a écrit un livre qu’elle compte enrichir et rééditer. « Partager, c’est précieux et si je n’étais pas si bien entourée, je ne pourrais pas mener tout ça de front. »
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