Le portrait : Emmanuel Bouvier-Muller et ses « Bricolités »
Certains se souviennent du directeur d’hôpital, d’autres de celui qui vend des pièces rapportées de voyage, 11-14 rue de Paris à Nice, ou du grand collectionneur. Du céramiste, aussi. Bref, c’est un homme-orchestre… qui, en prime, a bricolé tout son attirail lui-même !
Bio express
Il est né à Toulon « par accident ». « Mon père était officier de la marine. C’était soit Toulon, soit Brest comme ma grande-sœur. » Il rit. Il dresse une liste interminable de toutes les villes où lui et ses cinq frères et sœurs ont vécu. « Nous ne restions jamais 5 ans quelque part. » Ce qui ne variait pas, c’était son goût pour le bricolage : « À ma communion, ma grand-mère m’a demandé ce que je voulais. J’aurais dû répondre une gourmette ou une montre… j’ai dit : des outils ! » Son père a toujours eu un atelier : « Après la marine, il est devenu ingénieur des arts et métiers et, à l’époque, on exigeait d’eux un CAP. Il a choisi ébénisterie. Il travaillait si bien que mes oncles antiquaires le préféraient souvent à un pro installé ! » Emmanuel Bouvier-Muller, lui, se dirige vers l’enseignement. Maternelle, primaire… « Un jour, j’ai été inspecté et j’ai été mis minable. J’avais trouvé la correction si injuste que j’ai pensé que je ferais un meilleur inspecteur. J’ai cherché comment le devenir. Je suis tombé sur toute une liste de concours administratifs, dont celui des hôpitaux, qui me plait beaucoup. » Il fait du droit, travaille dur. À 27 ans, il est directeur d’hôpital. Et, à son tour, il se balade. En France, en Afrique, à La Réunion. Avec sa femme et puis ses trois enfants. « C’était un métier extraordinaire. » Il prend sa retraite au CHU de Nice - où il était en poste depuis 2008 -, juste après l’attentat de 2016. Une fin bien sombre pour une carrière “passionnante”.
Retraite active
« J’ai préparé ma retraite en imaginant Bricolités avec un couple d’amis : Fabienne - qui travaillait aussi au CHU - et Jean-Michel Anjubault. Impossible d’imaginer tondre ma pelouse, lire un livre, faire une sieste… C’est sûr j’allais crever ! » Ils achètent une ancienne boulangerie qu’ils retapent. Ils en font une antre bucolique pour amoureux de belles pièces rapportées de voyage. On y prend le thé, on y achète les tasses, les nappes ou le siège si on veut. « On souhaitait qu’en bas, dans le fournil, les gens bricolent, mais il y a eu la Covid… Le projet a dû évoluer. » Il a quand même travaillé dans cet espace organisé comme une salle de chirurgie. Avant d’y mettre un four à céramique. « Je m’étais formé quand j’avais 20 ans. Avec Florence, on s’inspire beaucoup du Japon, où l’on est allé plusieurs fois. Jean-Michel peint et sculpte. » lls ont acquis un petit local voisin pour exposer.
Et demain ?
Il y a quelques mois, Bricolités s’est refait une beauté. « Avec Jean-Michel, on a tout transformé en veillant à conserver l’âme du lieu. » Il rit : « Je ne sais pas rester sans rien faire. » Il espère maintenant monter une expo pour la rentrée avec les pièces les plus atypiques qu’ils auront tournées. Il souhaite aussi retrouver un peu d’espace… pour voyager.
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