Le portrait : Tanja Jakic, un phare dans la nuit
À Nice, elle est un des visages de la solidarité. Celle qui, contre vents et marées, s’engage et soulage les plus vulnérables. Son action - bénévole - est régulièrement médiatisée et son association a même reçu la Légion d’honneur l’an dernier.
Bio express
« Je suis née en Croatie. C’était l’ex-Yougoslavie. » Elle a un frère, une mère économiste et un père architecte. En bas de la maison, il y a un orphelinat. « Ma mère y faisait du bénévolat et dès l’âge de 4 ans, je jouais avec les enfants. À 5 ans, je l’ai suppliée d’en adopter un mais mes parents divorçaient… » À l'école, Tanja rêve de fabriquer un “téléporteur”. Elle rit. « Je suis une scientifique ! Mais alors que je suis en math, à la fac, mon père me dit que je vais finir prof pour 200€ par mois ! Il me pousse vers l’archi. » Elle parle d’un « mariage arrangé »... « Mais moi et l'architecture on a appris à s’aimer ! » En plus de son job, elle donne un coup de main à la Croix Rouge. « En Yougoslavie, c’est la guerre. Il y a beaucoup à faire. » Et puis elle tombe amoureuse. « Il était installé en France. Je le rejoins en 2009. » À Nice, elle décroche des chantiers, plutôt en archi d’intérieur. « Pour compléter, je me forme au graphisme et au web design. » Et elle œuvre à la Croix Rouge. Toujours. « Un jour, je réalise que je n’ai pas besoin d’adhérer à une structure pour aider… on lance un mouvement citoyen. »
La solidarité en marche
Entre 2012 et 2019, ils cuisinent chez eux, puis dans un resto du Vieux-Nice qui leur laisse les clés de sa cuisine. Ils maraudent, nourrissent. « Je ne voulais pas créer d’asso, c’était trop de contraintes. Mais en 2019, on a voulu aller plus loin en créant un journal que les sans-abris pouvaient vendre. » Il fallait une structure. Solidarité 06 est né. « Au moment de la Covid, tout s’est arrêté et ils n’ont pas compris. Je me suis remise à cuisiner. » Elle est aussi mobilisée par le 115. Derrière ce numéro, il y a ALC, avec qui elle collabore encore aujourd’hui. En 2022, elle monte Oasis, un accueil 100% femmes. « On en a aidé 1300 depuis le démarrage. » Fin 2023, elle lance une boutique solidaire pour que les dons de vêtements qui ne sont pas adaptés à la rue ne soient pas jetés à la benne… et pour créer des emplois. « Cette année, on a aussi ouvert La Lanterne, pour les jeunes de 18 à 25 ans. »
Des projets
Impossible de dresser la liste exhaustive de tout ce qu’elle mène de front. Il y aussi du krav maga et du yoga. Des cours de français et toutes sortes d’ateliers. « Il y en a un qui me tient à cœur : celui de couture grâce auquel on a monté un défilé incroyable l’an passé, avec 109 pièces réalisées avec les draps de Jeanne Augier, du Negresco ! Cette année, on en a 300 et on espère défiler sur la coulée verte d’ici septembre. Nous allons lancer les opérations ! »
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