Le portrait : Ali Abdelhafidh, la belle âme de Castel Plage 🏖️
ll est le soleil et le sourire du Castel depuis 1985. Même si deux de ses trois enfants ont repris les rênes de l’affaire balnéaire -ainsi que des Bains du Castel -, Ali Abdelhafidh, 63 ans, reste la figure emblématique de ce coin de paradis, niché sous Rauba Capeu.
Bio express
Ali Abdelhafidh a admiré ses premiers levers de soleil à Zarzis, en Tunisie avant de poser ses malles, en 1969, à Nice. Son père, tailleur, a suivi un confrère jusqu’aux ateliers de la villa Zofia, en face d’Opéra Plage. « J’ai grandi au port et, comme tous les Niçois de l’époque, j’ai appris à nager aux bains militaires, devant Castel Plage. » Plus tard, il se forme aux Eucalyptus comme tourneur-fraiseur. Il rit. « Comment savoir ce que l’on veut faire à cet âge ? Je faisais juste plaisir à mes parents : je me formais à un métier. » Il a 17 ans quand il fait sa première saison à Castel Plage. « Ça n’a pas été concluant… mais là -bas, j’ai entendu Masha Sosno - alors styliste chez Chacok - dire que la tendance serait au cuir. » Il se met à dessiner des modèles. Avec son père, ils sortent les premières pièces… « Ça cartonne ! » Il crée « Piéton », très vite il a 3 boutiques. Printemps 85, « je suis sur un shooting photo aux bains militaires et j’entends que le Castel va être vendu. Je me dis que ce serait fabuleux de l’acquérir… »
La plage
1985 : Ali Abdelhafidh reprend Castel Plage. « Il y a beaucoup de travail, tout à lancer. Je me charge toujours de la collection Piéton, mais je délègue la fabrication. Seulement voilà , j’ai des soucis de malfaçon, des retours négatifs. Je sens que ça ne va pas le faire, alors je vends la marque en 1987 pour me concentrer sur la plage. » Il ne rate plus un lever de soleil, se délecte quotidiennement du moment où l’astre s’évanouit derrière la ligne d’horizon. « Quel beau métier. Et puis j’ai des temps de repos… Le vêtement, c’était 7/7 jours, toute l’année. » Son goût des belles choses, des lignes, des matières, ne s’élime pas. Au contraire. Sa plage est un écrin singulièrement créatif pour lequel il chine, il conçoit, il fabrique. Encore aujourd’hui. Il a ses fournisseurs de bois en Indonésie, ses petites adresses sur Saleya. « Mes enfants, Chemsy et Sahm, ont la main sur le fonctionnement, la gestion, l’organisation… là -dessus, pour eux, je suis Jurassic Park ! Mais la déco, même s’ils ne me la confiaient pas, je la prendrai quand même ! » Il rit.
Une famille
Avec Nadine, Ali a eu trois enfants. « Elle a été là à chaque étape. Maintenant, elle s’occupe pas mal de nos petits-enfants, comme le faisait ma belle-mère quand nous étions à fond dedans. » Il sourit. « Notre seconde fille est à Paris, mais elle est souvent ici. On est très famille. » C’est pour ça qu’il est sur les galets à 5h du mat’. « Je donne un coup de main. »
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