Le portrait : Marina Correia, monte sur les planches 🛹
On ne la présente plus. Elle est celle qui enflamme la prom' avec son longboard. Et même si sa carrière a décollé, elle n’oublie pas sa ville. Samedi encore, elle y fédérait mordus de planches et de patins à roulettes à l’occasion de la journée internationale du skate.
Bio express
Au Cap Vert, elle fait du foot. « Avec les garçons et sans jamais m’entendre dire que je suis une fille et que je ne peux pas jouer. Au contraire : là -bas, les filles, on les choisit en premier ! » Marina Correia a 14 ans quand elle arrive à Nice. Une autre culture et un autre regard sur la vie. Sa mère - médecin - décide de vivre dans le pays de son conjoint. « En arrivant, je parle un peu la langue parce qu’à la maison on écoute des chansons françaises, etc. » À Nice, elle taquine toujours le ballon rond et se défoule au taekwondo. C’est un peu plus tard qu’elle goûte au skate. « Ce sport individuel, mais pratiqué en groupe, me permettait de m’exprimer par le corps plus que par les mots. » Cet “échappatoire”, découvert alors qu’elle est lycéenne à Estienne-d’Orves… « C’est bien plus tard que je l’ai considéré comme un art et un sport… »
Championne
« Je pense skate, je mange skate, je dors skate… Je ne fais que ça. » En 2020, elle envoie une vidéo pour la compétition de longboard dancing So you Can Longboard Dance - exceptionnellement organisée en ligne cette année-là . Elle est sacrée championne du monde. Elle a 23 ans, tout s’emballe. « Je suis passée du : c’est toi la fille qui fait du skate sur la Prom’ ? À : c’est toi la championne ? Et puis : c’est toi Marina ? » Elle est sollicitée. Alors, en plus de poser pour de grandes marques, elle continue de s’investir pour les Niçois. « Je donne des cours particuliers. Et puis j’organise des sessions entre filles…» Elle part du principe que les garçons n’ont aucun mal à s’approprier la rue. Pour les filles, c’est plus compliqué. Alors, elle les motive : « L’espace public est à nous aussi. »
Créer des ponts
À 27 ans, elle travaille à équilibrer vie perso et une carrière en forme de mission de vie. En juillet elle sera sur le devant de la scène du festival de Cannes de danse. Marina planche déjà sur son désir de créer des ponts entre le Cap Vert et Nice. « Je veux allier mes deux cultures via le sport. J’aimerais créer une asso de skateurs, d’abord à Santiago, mon île natale et puis sur d’autres îles. » En attendant, c’est pour que Nice s’approprie davantage la culture skate qu’elle milite. Elle sait ô combien c’est précieux et porteur.
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