L'entretien : « Nous avons battu un record avec la canicule » 🥼
Le Dr Pierre-Marie Tardieux est à la tête du pôle des urgences du CHU de Nice. Le plus important de France en terme de fréquentation. Ses équipes s’attendent à un été chargé.
Quelles sont les spécificités des urgences en été ?
« Il faut déjà rappeler que les urgences de Nice sont les plus grandes en France avec 100 000 accueils par an et environ 270 personnes par jour toute l’année. Nous avons battu un record avec la canicule avec 330 entrées en une journée. Forcément, la chaleur multiplie les risques. Nous accueillons des personnes déshydratées, des seniors isolés, mais aussi des actifs du BTP qui souffrent des températures en hausse. À ça, il faut ajouter l’attractivité du territoire et le tourisme ; les étrangers qui ont une résidence secondaire. Donc, nous avons également les accidents de trottinettes, de jardinage, bricolage, etc. »
Quels bons réflexes à adopter ?
« Avant de venir aux urgences, il faut toujours appeler son médecin traitant. Mais il est vrai qu’ils sont souvent très sollicités et que ce n’est pas toujours facile d’avoir une réponse. Depuis quelques années, le Samu est équipé pour filtrer les appels d’urgence. Il ne faut pas hésiter à appeler le 15 qui peut, selon la demande, organiser les secours rapidement pour les cas graves, mais également transmettre aux bonnes personnes pour avoir une réponse libérale. Une organisation a été mise en place, elle est structurée et il ne faut pas hésiter à la solliciter. C’est important parce que ces médecins régulateurs permettent d’orienter les patients selon les capacités d’accueil des urgences. Il y a une grande solidarité et un maillage entre les services d’urgence du territoire qu’ils soient publics ou privés. »
Quels moyens ?
« En France, les services d’urgence sont en souffrance. À Nice, nous avons avec la direction, un management efficace qui permet d’atteindre notre nombre de médecins cible. Soit le nombre de médecins nécessaire pour fonctionner 24h/24 tous les jours. Au CHU, il est de 60. On est plus attractif depuis qu’il y a également des missions de recherche, par exemple. C’est valorisant. La clé ensuite, c’est la coordination entre les services. On fonctionne en réseau (Rugam). Nous faisons avec l’ARS 06 (Romain Alexandre) des réunions hebdomadaires avec les représentants de toutes les urgences pour repérer où il peut y avoir des manques sur les plannings. Nous sommes capables de compenser et d’apporter de l’aide à l’échelle de la région. Là où je suis inquiet, c’est qu’il est question de donner au Préfet la responsabilité de cette organisation qui fonctionne bien chez nous. J’ai un peu peur, pour être franc, que cela vienne alourdir et déstabiliser ce que nous avons mis en place et qui fonctionne. »
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