Le directeur départemental du Sdis « réfléchit à créer un site de simulation des risques »
Le contrôleur général René Dies dirige depuis 2017 le Sdis 06. Il est à la tête de 4552 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. En 2024, 106 339 interventions (soit une intervention toutes les 4'58) ont été réalisées. Pour 77% d'entre elles, il s'agissait de secours à personne.
Vos missions ont-elles évoluées ?
« Depuis 40 ans et mon engagement chez les pompiers, j'ai constaté surtout une amélioration significative de nos interventions dans le secours à personne. Aujourd'hui, on est beaucoup mieux formés, on a des infirmiers, la réponse paramédicale a évolué positivement. La lutte des feux urbains est différente avec une plus grande prévention des accidents. Les constructions sont de mieux en mieux isolées. Cela crée un phénomène nouveau de cocotte-minute qui mène à l'explosion. Pour toutes ces raisons, notre technicité opérationnelle a augmenté. Enfin, il y a de plus en plus d'épisodes climatiques méditerranéens. Au même titre qu'on lance des campagnes de lutte « feux de forêt », on pourrait très bien imaginer une campagne dédiée à ces phénomènes cévenol récurrents et de plus en plus intenses. »
La spécificité du territoire ?
« Il est spécial parce que nous faisons face à tous les dangers possibles, de la mer à la montagne : les feux, les grandes catastrophes naturelles avec les inondations de 2015, les tempêtes Alex et Aline, l'attentat de 2016. On a vécu beaucoup de choses. C'est malheureusement avec ces événements que nous progressons et il est précieux de toujours en tirer les leçons pour développer encore notre expertise. On accueille aussi régulièrement de grands événements : l'Unoc, le Tour de France, les Jeux Olympiques, mais aussi le carnaval, etc. Le département est très attractif. »
Quels sont les défis futurs ?
« Déjà, les défis, on peut les relever grâce à des moyens. Un pompier vous dira qu'il n'en a jamais assez et c'est normal, mais je peux dire qu'on est bien mieux lotis que d'autres. Le Département et les maires nous soutiennent. Nous allons devoir développer la prévention auprès des populations. Je pense que le Sdis doit s'investir dans l'acculturation des populations aux risques. Même si ce n'est pas notre mission obligatoire, nous réfléchissons à créer un site de simulations des risques où l'on pourrait accueillir du public. On va devoir aussi rester à la pointe des nouvelles technologies. Nous en testons régulièrement, notamment l'IA. Nous avons un outil qui permet de réaliser une intervention à distance grâce au téléphone d'un témoin sur place. On peut guider la personne en visio, on sait géolocaliser les défibrillateurs, etc. On travaille aussi sur une application PredictOps qui aide à la prédiction d'interventions compte tenu de certains critères et données passées. On surveille de près les nouveautés. »
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