Mercredi 15 octobre
Gaspillage alimentaire : près de Rennes, ce couple invente une application « solidaire »
Rédigé par Julien Chaillou
Partagez vos aliments non consommés avec vos voisins (Crédit : Adobe Stock).
Un couple de Bruz lance « Ravively », une application mobile qui permet de partager facilement les aliments non consommés entre voisins afin de lutter contre le gaspillage.
Pourquoi c'est important
- L'an dernier, en France, près de 10 millions de tonnes de produits ont été perdus et gaspillés pour l'alimentation humaine selon l'Agence de la transition écologique (Ademe).
- Cela représente environ 150 kg de déchets alimentaires par an par habitant.
- « Nous voulons faire de ce gaspillage massif une ressource et recréer de la solidarité entre les habitants alors que près d'1 Français sur 4 ne mange pas à sa faim », argue Marine Kervella, co-fondatrice de l'application Ravively avec son compagnon, Kévin Boulanger.
Le concept
- Pour cela, ils ont tout les 2 quitté leur emploi en fin d'année dernière pour se lancer dans l'entrepreneuriat. Leur idée : créer un système de donation entre particuliers habitant le même secteur - dans un rayon de 20 km - pour engendrer un « cercle de solidarité ».
- « Vous proposez un aliment que vous n'allez pas consommer en créant une annonce en quelques secondes. Les utilisateurs situés à proximité peuvent alors réserver en ligne puis prendre contact avec vous pour récupérer la nourriture », explique Kévin Boulanger.
- « Par exemple, vous achetez des yaourts que vous n'aimez pas. Plutôt que de les jeter à la poubelle, vous pouvez les donner à quelqu'un », décrit-il.
- « Cela fonctionne aussi avec les restes consommables de certains plats. Plutôt que de les laisser traîner dans votre réfrigérateur, vous les partagez avec quelqu'un », appuie Marine Kervella.
Comment ça marche ?
- Pour éviter tout problème lié à l'hygiène, le couple a mis en place plusieurs « garde-fous techniques » sur l'application : « Dans les annonces, il faut entrer la date de péremption du produit. Si c'est un plat cuisiné, il faut indiquer la date de réalisation. Il ne sera possible de le donner que pendant 48h ».
- « Chaque donateur peut aussi indiquer le niveau d'épice de ses aliments et mentionner s'ils sont halal, casher, végan, végétarien ou sans gluten », précise Marine Kervella.
- « Nous voulons être complémentaires des associations alimentaires. Avec l'application, il n'y a pas d'horaires, pas de lieu spécifique où se déplacer. Elle permet aussi de retirer le côté stigmatisant où l'on doit calculer ses droits pour en bénéficier », défend l'entrepreneure.
- « Par ailleurs, il n'y a pas les donateurs d'un côté et de l'autre ceux qui récupèrent la nourriture. Pour profiter d'un don, il faut obtenir des crédits en donnant soi-même de la nourriture », rapporte le couple qui veut ainsi donner naissance à une « chaîne vertueuse ».
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