Mercredi 19 novembre
À Rennes, une conférence pour mieux comprendre la sexualité des jeunes
Rédigé par Julien Moreau
« Il n’y a pas de rejet du couple, mais plutôt un report de la cohabitation » (Crédit : Claire Delfino).
Que représente le couple chez les 18-29 ans ? C’est à cette question que répondent ce soir les sociologues Marie Bergström et Michel Bozon aux Champs Libres.
De quoi parle-t-on ?
- 10 000 jeunes âgés de 18 à 29 ans : l’échantillon est vaste. C’est grâce à leurs réponses que Marie Bergström a publié une enquête au sein de l’Institut national d’études démographiques (Ined) au sujet de la sexualité chez la jeune génération.
- Pour développer son étude, la sociologue et chercheuse tentera ce soir de faire une photographie de la jeunesse de 2025 et de l’image parfois biaisée que la société en fait.
- « Une chose est sûre : il existe une difficulté à comprendre ce qui se passe chez les 18-29 ans aujourd’hui », explique Marie Bergström. « Il est important d’identifier ce qui change et de combattre les a priori », souligne-t-elle.
- La sociologue est formelle : non, le « couple » n’est pas délaissé chez les jeunes. Il n’y a pas non plus de volonté de « zapping émotionnel ». Les 18-29 ans ne sont pas sans sexualité et il est incorrect de parler de « génération Tinder » ou de « génération #MeToo ».
Pour bien comprendre
- L’étude de l’Ined démontre une réelle diversification de l’activité amoureuse chez les jeunes. « Le couple d’aujourd’hui n’est plus le couple d’hier », simplifie Marie Bergström.
- « Si auparavant, être en couple était presque toujours synonyme de vie conjugale, ce n’est plus le cas », insiste la sociologue.
- « La notion de “vivre ensemble” a été repoussée, au profit d’une multiplication des expériences. Il n’y a pas de rejet du couple, mais plutôt un report de la cohabitation », illustre Marie Bergström.
- « La vie n’est plus linéaire. Elle a davantage de chapitres qui permettent plus d’expérimentations », développe-t-elle.
Le déclic
- Se mettre en couple n’est pas pour autant devenu passéiste. « On note, à partir de la trentaine, une volonté de calmer les expériences. La norme conjugale reste forte chez les jeunes », rassure Marie Bergström.
- Et de préciser : « Arrivé à 30 ans, le célibat se vit d’ailleurs moins bien, souvent poussé par une injonction sociale — de la part des amis ou de la famille — à construire plutôt que d’essayer. »
À savoir
- La conférence intitulée « Jeunesse, le couple après #MeToo » débutera à 18h30 au Café des Champs Libres (10 cours des Alliés).
- L'entrée est libre et gratuite.
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