Jeudi 29 janvier
Rennes : le rôle de la justice interrogé par le biais du cinéma documentaire
Rédigé par Julien Moreau
Dans son film, le réalisateur iranien Mehran Tamadon se confronte avec 4 mollahs (Crédit : L’Atelier Documentaire / Box Productions).
« Comment exister face à celui qui ne veut pas de moi » : le festival Images de justice interroge, confronte et dénonce. Il se déroule à Rennes jusqu’à dimanche.
De quoi parle-t-on ?
- « Comment filmer son ennemi ? Comment résister face à la figure du mal et comment vivre en supportant son existence ? ». C’est à ces questions que compte répondre Marianne Bressy, directrice artistique du festival Images de justice, grâce à des projections, des tables rondes, mais aussi des rencontres.
- « Traiter des actions de son ennemi, vivre le réel sans être passif : c’est un moyen de reprendre prise », explique-t-elle.
- Afin d’illustrer qui est « l’ennemi », elle constate : « Il y a l’ennemi théorique, celui avec qui il est possible de discuter. Et puis il y a celui qui a le pouvoir et qui en abuse. Celui qui peut vous bâillonner ».
- Le festival veut, depuis 2003, dépasser le chaos. « On nous apprend peu à argumenter dans l’affect, dans la colère, dans l’impuissance. Le festival permet de se confronter aux blocs », précise-t-elle.
Au programme
- Cette année, le festival qui se déroule dans 4 lieux rennais (Parlement de Bretagne, 360, Bâtiment à Modeler, Cinéma Arvor) est empreint d’actualité. « Une projection traitera du Front/Rassemblement National, à l’heure du jugement de Marine Le Pen », prévient Marianne Bressy.
- L’Iran sera également au cœur des débats. « Le réalisateur Mehran Tamadon sera présent à Rennes. Dans son film ‘’Iranien’’, il est parvenu au péril de sa vie à confronter 4 mollahs dans son salon… pour leur parler de laïcité. »
- La projection de A move mettra en scène Elahe Esmili, sans hijab, au sein de sa famille dans le Téhéran de la peur et de la répression.
En supplément
- En parallèle du festival, le vernissage de l'exposition « La conviction de l'ombre » aura lieu ce soir à 18h30 au Parlement de Bretagne. Elle y sera visible jusqu'au 2 mars 2026
- Dans celle-ci, l’artiste Damien Marchal propose une série d’images mêlant peintures grand format et textes figés dans la céramique à partir d'une immersion dans les tribunaux.
- « Comme un documentariste, il veut montrer comment la vérité peut émerger dans un lieu de justice où la théâtralité est souvent de mise », commente Marianne Bressy.
👉 Retrouvez la programmation complète du festival ici.
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