L'entretien : « Des oeuvres visibles pour la première fois en France »
Claire Lignereux, responsable des collections d'art moderne au Musée des beaux-arts de Rennes, évoque l'exposition Entre la mémoire et l'oubli de Claire Tabouret, présentée actuellement au sein du site rennais, dont elle est la commissaire.
Que peut-on découvrir dans cette exposition ?
« Jusqu'au 21 septembre, au Musée des beaux-arts, vous pouvez voir l'exposition monographique consacrée à Claire Tabouret. Cette artiste de 43 ans a bâti sa carrière entre la France et les Etats-Unis.
Elle a beaucoup fait parler d'elle dernièrement car elle a été choisie pour réaliser les futurs vitraux de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.
Elle travaille l'art figuratif en peinture, en dessin, en sculpture. Elle a un univers coloré, très imaginaire qui suscite notre méditation et interrogation. »
Il y a des oeuvres exceptionnelles qui sont présentées...
« Tout à fait, notamment un ensemble d'œuvres sur papier qu'elle a réalisé pour la Biennale de Venise l'an dernier, qui était une collaboration avec les détenues de la prison pour femmes de la ville.
Ces dernières ont confié des photos de leurs enfants à partir desquelles Claire a réalisé des portraits. Ils ont seulement été montrés dans les murs de la prison, avec un accès très contrôlé, donc peu de gens ont eu le privilège de les voir.
Cet ensemble est visible pour la première fois au grand public et en France. »
Pourquoi ses oeuvres sont mélangées avec celles de la collection du musée ?
« C'est un choix de Claire Tabouret. Nous avons la chance d'avoir des collections qui vont de l'Antiquité à nos jours. Elle a pioché dedans des objets qui rentrent en contrepoint avec son travail sur le thème du regard, du portrait, de l'enfance.
Cela fait des petites résonances qui montrent la profondeur temporelle et historique de ce qu'elle travaille. Les oeuvres de Claire datent de 2013 à nos jours alors que l'objet le plus ancien de la collection est un oeil de l'époque des pharaons.
Souvent, dans ses tableaux, on a l'impression d'un moment suspendu, hors de tout contexte. Il y a peu d'indices sur le temps, ni l'époque. Elle a souvent l'inspiration lors de ses insomnies. Une fois que l'on sait ça, on jette un autre regard sur ses œuvres. »
À propos
- Tarifs : 5 € ou 12 € pour un billet qui donne aussi accès à l'exposition Les yeux dans les yeux au Couvent des Jacobins.
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