Mardi 1 juillet
Rue Pont aux Foulons à Rennes : d'où vient son nom ?
Rédigé par Julien Moreau
L'ancien fossé, tout comme le pont qui le surmontait, ont disparu (Crédit : Julien Moreau).
Si vous empruntez cette ruelle pavée, située dans le centre ancien de Rennes, ne cherchez ni le pont, ni les foulons…
On rembobine
- Il y a quelques siècles, pour aller de l’actuelle place Sainte-Anne à la rue du Champ-Jacquet, on empruntait cet axe, entre rempart, jardins et potagers.
- Un fossé faisait la particularité de cette rue, d’où la construction d’un pont pour rejoindre les habitations des fabricants de draps, surnommés les foulonniers.
- « On a longtemps cru qu’ils travaillaient dans cette rue. En fait, ils travaillaient au bord de l’eau, car ils avaient besoin de la rivière pour faire tourner les moulins à foulons. Mais c’est ici qu’ils habitaient », précise Gilles Brohan, animateur de l’architecture et du patrimoine chez Destination Rennes.
Le constat
- « Pendant longtemps, un pont franchissait le fossé qui ceinturait le rempart. Il permettait d’accéder aux potagers et jardins d’agréments cultivés dans le fossé, depuis l’actuelle rue Le Bastard », ajoute Gilles Brohan.
- Légende urbaine ou faits avérés ? Même les historiens hésitent : la famille de Robien, propriétaire de l’hôtel particulier à la tourelle, à l’angle de la rue Le Bastard, possédait une orangerie du côté du fossé.
- Dans certains écrits, on trouve mention d’un passage souterrain pour passer de la maison à la cueillette… là où passe l’actuel métro.
Et après ?
- En 1724, c’est l’accident. Le pont s’effondre. On en profite alors pour combler le fossé et construire quelques maisons - à côté de celles déjà présentes de part et d’autre du pont et ce avant son effondrement - avant de complètement supprimer le rempart.
- La raison ? 4 ans après le grand incendie de Rennes, la ville connait une crise du logement sans précédent.
- « Dans l’odonymie (branche de la toponymie qui s'intéresse aux noms de voies, ndlr), le nom de Pont aux Foulons est resté, même si plus rien ne permet de rappeler son origine », illustre l’animateur de l’architecture et du patrimoine.
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