Lundi 17 novembre
Rennes : qui était celle qui était surnommée la « grosse Françoise » ?
Rédigé par Julien Chaillou
Rien ne cloche dans cette illustration, il s'agit d'un indice... (Crédit : Adobe Stock).
Symbole pour les uns, référence pour les autres, elle a disparu tragiquement en 1720. L'Essentiel Rennes vous explique.
État des lieux
- Non, la « Grosse Françoise » n’était pas une marquise opulente. Ce terme, un surnom affectueux, désignait l'énorme cloche du beffroi, situé près de la place du Champ-Jacquet.
- L'instrument, juché au sommet d'une tour d'horloge, élevée elle-même sur une ancienne tour circulaire près de la chapelle Saint-James, doit son surnom au duc François II de Bretagne, son parrain.
- Culminant à 67 mètres de haut, elle a pendant plus de 2 siècles rythmé la vie des Rennais.
- La puissance du son de cette cloche de 20 tonnes, considérée comme l'une des plus belles du royaume de France à l'époque, était telle qu'elle a engendré une légende populaire tenace.
Entre les lignes
- Les Rennais disaient que son timbre était tellement grave qu'on l'entendait jusqu'à 30 km à la ronde.
- Certains récits, comme celui de Mr. Dubuisson-Aubenay dans son itinéraire de la Bretagne au XVIIe siècle, affirmaient même, entre mythe et exagération, que le son de la « Grosse Françoise » était si « épouvantable » qu'il pouvait faire accoucher les femmes enceintes !
- La cloche a été détruite lors du vaste incendie de Rennes en 1720. Au-delà de la perte matérielle, il s'agissait de la destruction d'un repère. Le choc fut d'autant plus grand que la cloche s'est effondrée directement sur la chapelle Saint-James, située à la base de la tour où elle se trouvait.
Le détail
- Cela fit de cet édifice le seul bâtiment religieux à être complètement détruit durant l’incendie.
- Face à cette singularité, la rumeur d'une punition divine a fait son chemin. Un moine Jacobin a même ravivé une prétendue prédiction de Nostradamus selon laquelle « en 1720, la grosse Françoise tombera et Senner [anagramme de Rennes] brûlera ».
- Suite à l'incendie de 1720, une nouvelle tour de l'horloge fut construite et intégrée au bâtiment de l’Hôtel de ville de Rennes, à moins de 100 mètres des vestiges de l’ancienne tour.
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