Petite enfance : « La métropole rennaise a perdu un tiers de ses assistantes maternelles en 10 ans »
L'Atlas social de la métropole rennaise vient de s'enrichir d'une nouvelle planche consacrée à l'évolution de l'offre d'accueil de la petite enfance. Son co-rédacteur, Olivier David, professeur en géographie à l'Université Rennes 2, revient sur les principaux enseignements.
Est-ce difficile de trouver une assistante maternelle ?
« La métropole rennaise n'échappe pas à la tendance nationale. Il y a une forte diminution du nombre d'assistantes maternelles. Sur les 10 dernières années pour lesquelles les données sont disponibles, soit de 2013 à 2023, la chute est de 35,5 %. Le ratio du nombre d'agréments par enfant est passé de 0,67 en 2013 à 0,51 en 2022. C'est à Rennes que le ratio affiche la valeur la plus faible (0,30) et où la tension sur l’accueil individuel demeure la plus élevée.
Par contre, la chute du nombre de places n'est que de 29,5 %. Du fait de la pénurie de personnels, les autorités sont devenues plus souples pour accorder des dérogations aux agréments permettant d'accueillir plus de 3 enfants pour une seule personne.
À noter que dans 9 "petites" communes de la métropole dépourvues de structures collectives, les assistantes maternelles sont la seule solution possible pour les parents. »
Qu'en est-il pour les structures d'accueil collectif ?
« La baisse du nombre d'assistantes maternelles engendre une pression accrue sur ces structures. Le nombre de places y a augmenté de 38,6 % en 10 ans, soit 4 214 places en 2023. Cela démontre une politique volontariste des communes pour répondre aux besoins des familles, car il s'agit davantage d'un choix que d'une simple réaction à la situation actuelle.
Rennes a d'ailleurs été une ville pionnière en France sur ce sujet avec des premières crèches implantées dès le début du XXe siècle. La ville concentre aujourd'hui 52,7 % des places proposées dans la métropole. Sans surprise, les autres communes bien dotées se trouvent en première couronne comme à Cesson-Sévigné ou Saint-Grégoire, là où la densité de population est forte. »
Y a-t-il des disparités entre les quartiers rennais ?
« Oui, surtout pour l'implantation des assistantes maternelles. Elles se trouvent surtout dans des quartiers où il y a des logements de grande taille pour pouvoir y faire dormir les enfants accueillis : la Pommeraie ou Cleunay-Arsenal-Redon. À l'opposé, les quartiers Sud-Gare, Thabor et Maurepas ont les ratios les plus faibles.
Cette situation n'est pas figée. Le prochain départ à la retraite de nombreuses assistantes maternelles et des réhabilitations de quartiers pourraient changer la donne. Pour l'accueil collectif, le maillage est plus équilibré et repose sur une logique de proximité. »
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