Mardi 17 février
Rennes : l'étonnante histoire de la statue de Jean Leperdit
Rédigé par Julien Moreau
La version actuelle de la statue de Jean Leperdit a été installée en 1994 (Crédit : Julien Moreau).
Habitués à travailler ensemble, les Archives municipales et le Musée des Beaux-Arts proposent cet après-midi une visite inédite à 2 voix, autour de Jean Leperdit.
Ce qui fonctionne
- Jean Leperdit a été un éphémère maire de Rennes de 1794 à 1795. Son nom est pourtant bien connu des Rennais. À tel point que la place du Champ-Jacquet où trône sa statue est parfois baptisée « place Leperdit ».
- Comment le mythe est-il né ? C’est à cette question que les médiateurs Carole Marsac (pour le musée) et Adrien Leroux (des Archives) vont répondre. « Le but est de se concentrer sur le personnage et de l’étayer par des documents concrets », explique la médiatrice.
- Et c’est là l’originalité de la visite : la mise en parallèle de la légende et des faits. « Nous verrons comment l’écrivain et journaliste Émile Souvestre a contribué à faire de Leperdit un héros municipal, en pleine Terreur », poursuit Carole Marsac.
Dans les coulisses
- Maire puis élu municipal, Jean Leperdit est devenu la figure emblématique de la IIIe République juste et modérée. On lui prête aussi de nombreuses joutes verbales avec Jean-Baptiste Carrier, incarnation de la Terreur.
- « Mais tout ce qui a été raconté, notamment dans La Revue des Deux Mondes, n’est pas à prendre pour argent comptant. Émile Souvestre a créé un récit extraordinaire, à grands coups d’émotions », précise Carole Marsac.
- Pour preuve : Souvestre dépeint le maire de Rennes comme un « être simple et sublime (…) qui arrête tous les fléaux en leur faisant une digue de son corps. » Rien que ça !
- L’écrivain ira même jusqu’à inventer une anecdote : « Lorsque Carrier exige une liste de prisonniers rennais à exécuter, Leperdit l’aurait déchirée devant lui », rappelle la médiatrice qui précise que si les 2 hommes se sont rencontrés, cet épisode n’a pas eu lieu.
Le détail
- La statue de Leperdit à Rennes est le seul monument en l’honneur d’un ancien maire. Installée en 1892, elle avait été détruite par le régime de Vichy qui exigeait des communes françaises l’envoi de métal pour fabriquer des munitions.
- « Avant de la déboulonner, la Ville avait coupé la tête de la statue pour la cacher dans les caves du musée. C’est à la fin des années 1980, lorsqu’un antiquaire a découvert posséder le moule original en plâtre de la statue du 19e siècle que la Ville a décidé de refondre le bronze, en y rajoutant la tête conservée », commente Carole Marsac.
- La statue place du Champ-Jacquet a donc la particularité d’être composée d’un corps de 1994 surplombé d’une tête de 1892.
👉 La visite guidée de 45 minutes a lieu aujourd’hui à partir de 15h au Musée des Beaux-Arts (20 Quai Zola). Entrée libre et gratuite.
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