À Rennes, le Centre Eugène Marquis est à l'origine d'innovations majeures contre le cancer
Ce médecin cancérologue radiothérapeute a été récemment reconduit au poste de directeur général du Centre Eugène Marquis, un site dédié à la lutte contre le cancer basé à Rennes.
On rembobine
« Passionné par le soin », le Pr Renaud de Crevoisier, âgé de 58 ans, possède une riche expérience. Il a exercé pendant 15 ans au sein du Centre Gustave Roussy à Villejuif, le premier centre de lutte contre le cancer en Europe. « J'ai ensuite travaillé 2 ans aux États-Unis au sein du MD Anderson, à Houston, le plus grand hôpital cancérologique du pays », retrace-t-il.
Depuis 15 ans, il œuvre au Centre Eugène Marquis de Rennes, dont il est le directeur général depuis octobre 2020. Une fonction qu'il va assurer encore 5 années supplémentaires. « Je continue à pratiquer une fois par semaine une activité clinique pour garder les mains dans le cambouis », souligne-t-il. En plus de ces 2 casquettes, il dirige une équipe de recherche Inserm spécialisée en traitement d'images afin « d'améliorer le ciblage de la radiothérapie ».
État des lieux
Le centre Eugène Marquis, un établissement « d'intérêt collectif à but non lucratif où les médecins n'ont pas d'activité libérale », précise le Pr. Renaud de Crevoisier, connaît une « belle dynamique de soins » et une augmentation des effectifs de l'ordre de 20 % sur ces 5 dernières années.
« Nous avons été les premiers en France à posséder un accélérateur IRM doté d'une qualité d'image élevée qui permet de suivre la tumeur. Cet équipement vaut 8 millions d'euros », cite-t-il en exemple. Autre réussite : le développement d'une « technique innovante » de radiothérapie interne vectorisée (RIV) qui permet aux « molécules radioactives de se fixer uniquement sur les cellules cancéreuses » ou la création d'un département de prévention du cancer matérialisé par la tournée d'un bus sur l'ensemble de la région.
Sur la table
Pour les années à venir, le Centre Eugène Marquis s'est doté d'un projet d'établissement en « 5 axes stratégiques », souligne le Pr Renaud de Crevoisier. L'un d'eux comprend la « personnalisation des soins » et l'implication renforcée du patient dans le processus décisionnel. Le but affiché est aussi « de sortir des murs » du centre pour « améliorer la proximité avec chaque territoire de la région » afin d'éviter la perte de chance pour certains malades.
« Nous avons aussi un problème d'accessibilité physique et téléphonique que nous souhaitons résoudre », avance le médecin qui rappelle l'ambition de la création d'un institut régional de cancérologie, commun avec le CHU de Rennes, à l'horizon 2030.
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