Rennes : Benjamin Dierstein, un auteur à l'écriture rythmée par la musique et cinéma
Le romancier rennais vient d'achever une trilogie dense mêlant politique, mafia, flics et terroristes dans la France des années 1978-1984. Retour sur un parcours littéraire non linéaire.
La genèse
Benjamin Dierstein a rédigé ses premiers textes à Lannion (Côtes-d'Armor), ville dont il est originaire. « J'ai beaucoup écrit entre 12 et 20 ans : des nouvelles, des scénarios de films et courts-métrages », retrace-t-il. Une plume d'abord orientée pour le cinéma dont il voulait faire son métier et pour lequel il est venu faire ses études à l'Université Rennes 2.
« Je n'ai pas réussi à passer le cap de contacter des sociétés de production. Le monde du cinéma me paraissait lointain, presque inatteignable », se remémore-t-il. « Découragé », il a décidé de laisser ses textes dans des cartons : « Je suis parti dans l'univers de la musique. C'était plus accessible. Je voyais qui organisait les soirées ». Il y restera 15 ans. « J'ai fait un peu tous les métiers : de la com', tourneur, organisateur de soirée », détaille celui qui continue à gérer un label musical de musiques électroniques - basé à Rennes - de manière bénévole. Une ville dans laquelle il est revenu vivre après plusieurs années à Paris puis dans la périphérie rennaise.
Le déclic
Fatigué par le rythme intense de sa vie, Benjamin Dierstein a effectué un retour en arrière il y a 7 ans. « J'ai ressorti mes cartons pour me remettre à l'écriture. J'ai repris le seul scénario qui me paraissait correct pour le transformer en roman », explique-t-il avec modestie. Son premier polar intitulé La Sirène qui fume convainc : « Il a été édité très vite ». 2 autres tomes ont suivi rapidement. Début 2026, il vient d'achever une seconde trilogie de 2 000 pages avec la parution de l'ouvrage 14 juillet chez Flammarion dans lequel il évoque avec humour et cynisme les « magouilles et manipulations » lors des années Giscard et Mitterrand.
« J'ai une écriture intuitive, rapide », reconnaît le romancier. « C'est la phase de documentation, de recherche qui est longue », ajoute-t-il. Son projet actuel, il aura mis 5 ans à le finaliser. « Je me garde de rencontrer les "requins" dont je parle pour ne pas être influencé. Le seul avec qui j'aurais aimé échanger sur le monde de la nuit, c'était Ardisson. »
Et après ?
Musique puis littérature... Voilà venu le temps pour le romancier d'agréger ses 2 univers. « Je prépare un nouveau roman sur l'arrivée de la musique électronique en France, les premières rave-party et free party. Je veux parler de ce que je connais, mais avec une approche différente », avance Benjamin Dierstein qui table sur une publication en 2027.
Il devrait aussi assouvir sa passion originelle pour le cinéma : « Je travaille sur une adaptation en série de ma seconde trilogie avec une boîte de production ». Le voilà désormais co-scénariste. Une nouvelle page qui reste à écrire...
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