Pour rester la région la plus sportive de France, voici ce qui est prévu en Bretagne
La Bretagne est la région la plus sportive de France. Mais le sport doit se réinventer pour faire face aux mutations liées à l’époque. Yannick Morin, président du comité régional olympique et sportif (CROS) Bretagne, évoque les évolutions à venir.
Quelle est la situation du sport en Bretagne ?
« La Bretagne se distingue comme la première région sportive de France, avec un million de licenciés pour 3,4 millions d’habitants. C’est près d’un tiers de la population, auquel il faut ajouter autant de non-licenciés. La région affiche ainsi un niveau supérieur de 10 points à la moyenne nationale.
Cette dynamique s’explique par un territoire propice à l’activité physique et par un maillage dense de 9 000 clubs, animé par un tissu associatif particulièrement structurant. Celui-ci représente 105 000 emplois : autant que dans l’agroalimentaire ou la Défense. Invisible au quotidien, ce réseau joue pourtant un rôle essentiel dans la cohésion sociale et l’animation des territoires. »
Comment vos ambitions d'un sport désirable, viable et utile se traduisent-elles pour les clubs ?
« Notre vision s’inscrit jusqu’en 2029 et repose sur une conviction forte : le sport est un bien commun, source de santé, d’inclusion, d’éducation et de citoyenneté. Dans un contexte de mutations profondes, le mouvement sportif doit s’adapter. Le CROS Bretagne se positionne comme un laboratoire d’innovation, capable de repenser ses modèles.
Notre projet repose sur la force du collectif, indispensable pour préserver la démocratie et la cohésion sociale. Il s’appuie aussi sur de nouveaux leviers, comme la création d’une fondation, le développement du mécénat, du mécénat de compétences et du parrainage, afin de consolider durablement l’ensemble de l’écosystème sportif. »
Vous lancez un appel pour « protéger le modèle associatif » et faire du sport un service public essentiel...
« Nous demandons une reconnaissance réelle du tissu associatif, qui constitue un pilier des territoires. Bénévoles et encadrants sont de véritables animateurs locaux, indispensables à la cohésion sociale. Il ne faut pas les fragiliser davantage, notamment via la baisse des subventions.
Aujourd’hui, le sport ne représente que 1 % du budget national, pour 17 millions de licenciés en France. Le risque est clair : un affaiblissement du modèle associatif entraînerait un recul de la vie locale et des inégalités entre territoires. Le sport associatif n’est pas un luxe, mais un service public essentiel, dont dépend l’équilibre social présent et futur. »
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