L’entretien : Carole Duplessy-Rousée, romancière rouennaise du quotidien 📚
Présidente de la Société des Auteurs Normands, Carole Duplessy-Rousée publie son nouveau livre La fille des Belles Marines. Rencontre littéraire avec une autrice qui fait de l’ordinaire un vrai roman.
Aimez-vous le titre de romancière populaire ?
« Populaire, c’est écrire de manière accessible, avec de nombreux dialogues pour que chaque lecteur savoure le texte en s’appropriant les personnages. Ecrivain populaire, je veux que mes lecteurs trouvent dans mes romans un moment de détente. C’est une grande joie quand une personne me dit qu’un de mes romans l’a amené à la lecture alors qu’elle détestait lire. Présidente de la Société des Auteurs Normands, je sais combien aujourd’hui, les livres sont délaissés. En tant que romancière, je m’attache à écrire des histoires avec une atmosphère, des personnages avec un petit supplément d’âme. Le roman populaire met en scène des gens ordinaires qui, comme tout un chacun, vivent avec leur histoire, leurs blessures et se tracent un chemin. Pour autant, je suis très exigeante sur la qualité de mon écriture, le cadre que je décris avec soin. Dès que j’ai le décor, j’ai l’histoire ! »
Racontez-nous La fille des Belles Marines ?
« Le roman se passe à Dinard, un lieu que je connais bien. J’ai toujours aimé me promener sur le chemin de la Malouine. C’est un lieu fantastique avec de très belles villas du XIXe siècle. L'une d'entre elles a attiré mon attention, les volets étaient mi-clos. Le lieu m’a happée, le scénario s’est vite mis en place. J’y ai imaginé Thelma, une jeune femme défigurée qui découvre des secrets de famille. Son handicap permet aussi d’évoquer les blessures physiques à l’heure des selfies. Mes romans portent souvent l’empreinte d’un lieu qui me parle, d’une personne qui m’est proche… J’ai avec certains de mes personnages un lien très fort. Ils sont ancrés dans ma vie. Thelma est différente des autres car elle n’est pas que moralement blessée. »
Pourriez-vous vivre sans écrire ?
« Vivre sans écrire signifierait vivre sans lire, cela m’est impossible. Depuis mon enfance, je dévore la littérature. Ce sont les livres qui m’ont conduite à l’écriture. Enfant, je m’éclatais dans les rédactions. L’écriture est une mise en mots de l’imaginaire, comme la lecture, elle s'apparente à un refuge. C’est très addictif. C’est aussi une sorte d’exorcisme : en écrivant on dépose sur le papier des blessures, des émotions, des traumatismes… C’est quelque chose que je porte en moi et qui m’est essentiel. J’aime dans l’écriture ce champ infini des possibles. »
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