Une journée de conférence sur la décarbonation des chantiers à Rouen
Ce mercredi, des acteurs du Bâtiment et des travaux publics (BTP) se réunissent à l'INSA de Rouen pour une journée dédiée à l'accélération de la transition écologique du secteur. L'Essentiel Rouen a interrogé Virginie Amant du Cerema qui organise cette rencontre.
Quel est l'objectif de cet événement ?
« C'est une journée ouverte à tous : étudiants, producteurs de matériaux, retraités, demandeurs d'emploi... On vise large, mais c'est surtout un rendez-vous dédié aux professionnels. L'objectif est de réunir dans une même salle l'ensemble des acteurs de la filière BTP et de leur permettre d'avoir un moment de partage sur les bonnes pratiques. Au Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), nous éditons par exemple des guides qui proposent une méthodologie écologique adaptée aux chantiers. Cette partie théorique doit être complétée par la transmission de retours d'expériences. C'est typiquement l'objectif de cette rencontre. La matinée sera consacrée à l'actualité environnementale, avec les perspectives d'évolution et la feuille de route Climat et résilience. Nous évoquerons par exemple l'utilisation de matériaux biosourcés. Pour cette édition, des étudiants de l'INSA Rouen présenteront aussi leurs projets de thèses. »
Quelle est l'empreinte carbone du secteur BTP ?
« En France, le BTP représente 640 millions de tonnes d'équivalent CO2, dont la moitié est liée aux infrastructures et à la construction. La phase de chantier représente 3 % de ces émissions. Le processus de fabrication du ciment, par exemple, impacte beaucoup. Une grande part est aussi générée par le transport des matériaux. L'un des bons leviers, c'est le réemploi. Chaque année, 240 millions de tonnes de déchets sont produits dans le BTP. Recycler et réemployer permet d'optimiser 27 à 43 % de gain en équivalent CO2. Ce fonctionnement stimule aussi l'économie locale, puisqu'on doit avant tout travailler avec des partenaires locaux pour éviter les émissions liées aux transports. »
Où en est la décarbonation en Normandie ?
« La Région est vraiment partie prenante. Il y a une feuille de route régionale, avec le développement de matériaux écologiques pour un horizon 2030. Le GIEC normand a aussi énormément travaillé là-dessus. Nous avons comme exemple l'ARPE au Havre et leur chantier démonstrateur sur Hangar Zéro, un bâtiment construit avec des techniques vertueuses pour l'environnement. Il y a aussi des plateformes de valorisation de matériaux, avec des acteurs comme Materrio Normandie à Rouen ou Les Bâtineurs au Petit-Quevilly. »
Programme et inscriptions ici.
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