Rencontre avec Bruno Maurey, photographe et voyageur rouennais
Le Rouennais Bruno Maurey montre ses nouveaux clichés dans une très belle exposition intitulée « Casamance – Entre racines et esprits », jusqu’au 30 novembre, à la salle de l’Orangerie de Grand-Couronne.
Quelle place occupe l’humain dans vos photographies ?
« Les visiteurs peuvent remarquer qu’il n’y a pas une seule photo sans humain sur cette exposition. C’est même devenu une condition, que ce soit dans mon travail d’artiste, ou pour des commandes dans la publicité ou la mode, je ne prends plus les missions où il n’y a pas d’humain. Lors de mon voyage en Casamance, je suis d’abord sorti sans mon appareil, pour rencontrer les gens, les découvrir, me présenter. Le lendemain, je me suis promené avec mon matériel, mais sans prendre de photos. Ce n’est que le troisième jour, après avoir gagné la confiance des personnes qui étaient là, que j’ai commencé à prendre des clichés. J’ai besoin qu’il se passe quelque chose, une interaction, un regard, un sourire… S’il ne se passe rien, ce n’est pas la peine d’insister. »
Pourquoi avoir choisi cette région du Sénégal ?
« Je suis allé au Sénégal pour la première fois il y a quatre ans, à la suite d’une commande d’un lycée français local. Mon regard sur la culture sénégalaise avait beaucoup plu, mais de mon côté, j’avais été frustré par le manque de liberté. J’y suis retourné en repérage, et encore l’année d’après avec l’artiste rouennais Christophe Ronel. Nous avions eu un véritable coup de cœur pour la Casamance, région du Sénégal mystérieuse dans laquelle nous avons découvert une culture africaine authentique, des sages, des rituels et des habitants chaleureux. Au bout de deux jours, certaines femmes sont venues nous voir en tenue traditionnelle pour être prises en photo. Nous avons également pu bénéficier du travail précieux de notre guide sur place. »
Quel sera le prochain voyage photographique ?
« Nous allons retourner au Sénégal, en poussant jusqu’en Guinée-Bissau. J’y retourne avec Christophe Ronel, qui fait pas mal de croquis de son côté. Nous avons une belle complicité. Chacun est assez indépendant en journée, respectueux du travail de l’autre. On ne se marche surtout pas sur les pieds. Quelques galeristes parisiens sont venus visiter l’exposition de Grand-Couronne et j’ai vendu pas mal de clichés lors du vernissage, jeudi dernier. Cela va me permettre de pouvoir repartir prochainement. »
Y aller : Salle de l’Orangerie, 3, Rue Georges-Clemenceau, à Grand-Couronne. Entrée libre. Ouvert le mercredi, samedi et dimanche, de 15h à 18h.
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