L'image de la semaine
L'image ci-dessus est un hommage à la coiffe traditionnelle normande. Elle provient de J'irai revoir ma Normandie, la nouvelle exposition du Musée des Traditions et Arts Normands, accessible jusqu'au 27 septembre au Château de Martainville. Caroline Louet, directrice du musée, vous présente les coulisses de cette création artistique.
Que raconte cette image ?
« La photographie présente une coiffe de mariage du village de Tournedos-Bois-Hubert, dans l'Eure, datée de 1820-1830. Il s'agit d'un « pierrot » en mousseline de coton et en dentelle. On aperçoit aussi son ruban en soie aux motifs végétaux. La pièce appartient à un trousseau de mariage dont le musée a fait l'acquisition en 2021 auprès de la collectionneuse Jacqueline Le Guell. On y trouve ce qu'on appelait le « menu linge » de la femme au moment de ses noces : coiffe de mariage, coiffe de cérémonie, bonnets de travail, bonnets du dessous, serre-têtes, mouchoirs de cou et bouquet de mariage. Elle fait partie du volet contemporain de notre exposition, qui réunit 45 clichés de Charles Fréger. Le photographe rouennais s'intéresse depuis longtemps aux identités régionales. En 2024, il a réalisé ces 45 photographies en noir et blanc et en silhouette pour raconter l'histoire ancienne et contemporaine du folklore normand avec nos collections. »
Que trouve-t-on dans cette exposition ?
« Du XIXe au XXIe siècle, J'irai revoir ma Normandie présente la collecte, l'interprétation et la valorisation des coutumes, costumes, chansons et danses, et de la langue en Normandie. Nous avons près de 150 pièces exposées, dont une partie est issue du don de la famille de Sylvain Arinal, fondateur du groupe folklorique rouennais Les Normands du Bon Vieux Temps, né en 1945. Notre partenaire Normandie Images nous a également transmis des films amateurs de ces groupes, datant du siècle dernier. Nous avons aussi travaillé avec l'Université de Caen pour installer une borne audio permettant d'écouter des chansons et des parlers normands. »
Pourquoi est-ce important de préserver ce patrimoine ?
« Il existe des régions où le folklore est encore très présent en France : ce n'est pas le cas en Normandie, où la tradition des bals et des musiques s'est éteinte assez tôt. Mais il y a aujourd'hui des musiciens qui souhaitent justement valoriser ce patrimoine, comme l'association Galaor et L'Espace Musical, qui travaillent à réinventer les musiques normandes avec des instruments traditionnels et contemporains pour les transmettre à un jeune public. Ce qui nous intéresse, c'est précisément de mettre en avant cet aspect vivant de la culture folklorique. »
Y aller : Rte du Château, à Martainville-Épreville. Tarifs : 4,50 à 6 €. L'accès est libre, sans réservation. Une visite commentée aura lieu samedi à 15h30. Inscription ici.
Lire la dernière édition de l'Essentiel Rouen