La gratuité des transports pour les moins de 18 ans adoptée à Rouen
La semaine dernière, nous vous avions demandé votre avis sur la gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans. Vous avez été 71,9 % à vous déclarer favorables, 21,5 % opposés, et 6,7 % à souhaiter que cette gratuité soit conditionnée aux ressources. Lundi, les élus du Conseil de la Métropole ont adopté cette mesure, qui profitera à tous les mineurs utilisant le réseau de transports en commun de Rouen. Le maire et président de la Métropole, Nicolas Mayer-Rossignol, a répondu à nos questions.
Que pensez-vous des résultats de notre sondage ?
« Ces chiffres confortent ma conviction : c’est une mesure sociale qui concerne tout le monde. Elle profite aux jeunes, bien sûr, mais aussi aux familles, dont beaucoup sont monoparentales. Un abonnement de transport coûte près de 200 € par an : pour une famille nombreuse, cela représente vite une somme importante. Cette décision constitue aussi un vrai progrès pour la transition écologique de notre territoire, car elle encouragera les jeunes à adopter durablement les transports en commun. Enfin, cette mesure a également un impact économique positif pour les commerçants, car elle favorise la fréquentation. »
Quelles sont les modalités de cette gratuité ?
« À partir de la rentrée de septembre, tous les jeunes de moins de 18 ans bénéficieront de la gratuité, sans condition de lieu de résidence. L’objectif est d’éviter toute discrimination, car notre bassin de vie dépasse largement les limites administratives de la Métropole. Nous avons voulu un accès simple : les mineurs devront simplement renouveler leur abonnement et leur carte de transport, qui seront gratuits. Cela permettra aussi d’enrichir la base statistique du réseau. Le coût de cette mesure est estimé à environ 4 M€ par an. Pour la financer, nous avons tiré parti de la renégociation de la délégation de service public, votée lors du dernier conseil métropolitain. »
Comment envisagez-vous la suite ?
« Pour faire évoluer notre politique de transport, nous échangeons régulièrement avec des élus d'autres agglomérations pionnières en la matière, comme Dunkerque ou Montpellier. Nous avons progressivement étendu la gratuité à Rouen : pendant les pics de pollution, lors de grands événements (comme les matchs), etc. Un groupe de travail interne, composé de représentants des six groupes politiques de la Métropole, suit ces évolutions. À l’avenir, nous envisageons une tarification solidaire pour les 18-65 ans, calculée en fonction des revenus via le quotient familial. C’est plus complexe à mettre en place, car cela suppose l’accès aux données fiscales des usagers. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas voulu conditionner la gratuité des mineurs. »
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