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Mercredi 16 juillet

L'énigmatique histoire du Mont-aux-Malades près de Rouen

Rédigé par Agathe Poirot Bourdain
Le prieuré Saint-Jacques, ancienne léproserie du Mont-aux-Malades (Crédit : Prieuré Saint-Jacques-du-Mont-aux-Malades).

À Mont-Saint-Aignan, proche banlieue de Rouen, l’avenue du Mont-aux-Malades porte un nom qui fait frissonner et qui interroge. Enquête historique et médicale.

Un espace rural du Moyen Âge

  • Petit mont avec vue sur la cité des ducs de Normandie, le lieu verdoyant est connu dès le Moyen Âge comme une réserve foncière. C’est une succession de prairies et de forêts.
  • C’est avec la construction du prieuré Saint-Jacques au XIIᵉ siècle qu’une vie sociale et une vocation hospitalière commencent à s’organiser sur ce plateau boisé anonyme, traversé par une voie romaine allant de Rouen à Lillebonne.

Un mont pour les lépreux

  • Le prieuré Saint-Jacques devient une des plus grandes léproseries normandes. Isolé de la ville, seuls deux axes de communication le mettent en contact avec les habitants. Ces routes, toujours existantes, deviennent au fil du temps l’avenue du Mont-aux-Malades et la rue Maladrerie, une maladrerie signifiant au Moyen Âge léproserie.
  • La lèpre est une maladie effrayante à cette époque, vue comme une punition divine. Les lépreux sont des parias isolés. Seuls des ordres religieux les soignent. Au prieuré Saint-Jacques, des moines de l’ordre de Saint Augustin développent un hôpital et un lieu d’accueil destiné à les accueillir jusqu’au XVIIᵉ siècle, date à laquelle la maladie régresse puis disparaît.
  • De nombreuses donations enrichissent le prieuré du Mont, surnommé au milieu du XIIᵉ siècle le Mont-aux-Malades. On dit que la reine Blanche de Castille, mère de Saint Louis, s’y réfugia lors d’un orage et offrit de nombreuses prairies aux moines.
  • Le lieu accueille une quarantaine de malades issus d’une vingtaine de paroisses aux alentours. Une procession emmenait le lépreux de Rouen au Mont-aux-Malades en passant par la rue Maladrerie. Le prieuré Saint-Jacques visible aujourd’hui est l’unique vestige de ce lieu hospitalier.

Un changement de vocation

  • Désaffecté à la Révolution, l’endroit fut utilisé pour de nombreuses activités. En 1819, le Mont-aux-Malades accueille le petit séminaire du diocèse de Rouen, un lieu de formation pour les prêtres catholiques.
  • Un siècle plus tard, en 1919, le Mont-aux-Malades retrouve sa vocation d’assistance avec la création de la maison familiale départementale, un lieu d’accueil pour les femmes enceintes en difficulté, une pouponnière, un hôpital et une maternité.
  • Cette structure a donné naissance à l’actuel centre hospitalier du Belvédère, 72 rue Louis Pasteur à Mont-Saint-Aignan.
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