Lundi 21 juillet
Connaissez-vous l’île aux Cerises à Rouen ?
Rédigé par Agathe Poirot Bourdain
Guinguette de l’île aux cerises (Rouen par la photographie 1900. Tome 2. Guy Pessiot).
Au XIXe siècle, les Rouennais aimaient canoter sur la Seine et accoster sur l’une de ses nombreuses îles pour se détendre. Découverte de l’île aux Cerises aujourd’hui disparue.
Un espace champêtre
- Ville de fond d’estuaire, Rouen a au cœur de sa cité la Seine. À la Belle Époque, entre Oissel et Poses, des îles verdoyantes sont disséminées au fil du fleuve.
- Couverts de végétation, les îlots naturels servent de pâturages, abritent des villas et des restaurants. L’île aux Cerises est située dans le prolongement de l’île Brouilly, rattachée aujourd’hui à l’île Lacroix, vers Sotteville-lès-Rouen et Amfreville-la-Mi-Voie.
- Le lieu est accessible en barque. Bourgeois ou ouvriers apprécient son côté campagnard et paisible. Les quelques cerisiers sauvages qui y poussent lui ont donné son nom.
- Au XIXe siècle, l’île aux Cerises est un lieu de rendez-vous dominical ou de jours chômés, entre ciel et eau, pour oublier le labeur de la semaine.
Un esprit guinguette
- L’huile sur toile L’île aux Cerises, de Robert Antoine Pinchon, peintre de l’école de Rouen, immortalise l’ambiance du lieu. Il y règne une atmosphère de détente et de plaisirs, entre robes claires et canotiers.
- Des petits cafés-restaurants de plein air accueillent les promeneurs avec pain bis, matelotes, petites fritures d’ablettes et de gardons tout frais pêchés dans la Seine, ainsi que des douillons, pommes ou poires frits dans la pâte et servis chauds.
- Sur l’île aux Cerises, tables et chaises en bois sont installées en extérieur, à l’ombre des arbres. On y déjeune simplement de collations champêtres arrosées de cidre. On pousse parfois la chansonnette. On y joue à « la grenouille », au bilboquet, aux quilles ou au palet.
Disparition des paradis naturels
- L’aménagement fluvial de la Seine à la fin des années 60 a précipité la fin de l’île aux Cerises. Pour favoriser la circulation et le débit, il a fallu faire disparaître les îlots qui gênaient la navigation. Ces travaux étaient intégrés à la création de la zone industrielle de la rive gauche.
- L’île aux Cerises est supprimée, comme les îles de Dieppedalle. Val-de-la-Haye est rattachée à la berge, ainsi que la presqu’île Rollet, aujourd’hui parc urbain.
- La disparition de l’île aux Cerises clôt une page de l’histoire urbaine de Rouen. Elle met un terme aussi à ces espaces naturels posés sur l’eau, où s’implantaient flore remarquable et faune remarquable.
- Il reste aujourd’hui quelques rares îles protégées, entretenues par les Brigades vertes, favorisant, par la réhabilitation d’espaces verts, l’insertion. Ces réserves naturelles sont des espaces privilégiés pour la biodiversité.
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