L'avis des rouennais sur la politique écologique de leur ville
La semaine dernière, nous vous avons demandé si vous considériez que la Métropole œuvre suffisamment pour la transition écologique. Vous êtes 67,9 % à avoir répondu « oui » et 32,1 % « non ». Nous avons questionné Guillaume Grima, responsable légal de deux associations rouennaises engagées pour la transition (Effet de Serre toi-même et Sabine).
Quel regard portez-vous sur ces résultats ?
« Ils me paraissent pertinents. Je pense que c'est assez représentatif de ce que nous pensons à Effet de serre toi-même, en tant que citoyens experts engagés sur les questions d'environnement et de climat. Si on analyse ces résultats avec un regard historique, on peut comprendre ces deux tiers de « oui » car il y a eu, de notre point de vue, un saut quantitatif du nombre de projets liés à la transition depuis 2020. Tous les projets de la Métropole ont intégré un peu plus de préoccupations environnementales. Les citoyens, en bons observateurs de la vie quotidienne de leur territoire, l'ont remarqué. Le dernier tiers, plus réticent, représente aussi ce que nous pensons au sein de l'association. Car le territoire était très en retard avant 2020 par rapport aux enjeux environnementaux, qu'ils soient climatiques, sociaux, de pollution, ou de dépendance énergétique liée aux mobilités. »
Que pensez-vous des projets menés par la Métropole en faveur de la transition ?
« Nous pensons que le bilan actuel de la Métropole est plutôt positif, car il a permis d'accélérer la transition et les résultats sont visibles. La place du vélo est un bon indicateur. Mais nous n'avons pas encore rattrapé des territoires équivalents en France, bien en avance sur le partage de l'espace public urbain, comme Strasbourg, Rennes ou Grenoble. Il y a des améliorations, notamment sur les questions de la pollution atmosphérique, mais il y a aussi des choses à revoir. Sur notre site, nous avons publié une consultation sur le bruit dans la métropole : près de 64 000 habitants souffrent de nuisances sonores, dont 97 % sont liées à la circulation routière. Cette pollution a de nombreux impacts reconnus scientifiquement sur la santé. Il faut aussi réorganiser le territoire en matière d'aménagement. Pendant près de 40 ans, on a construit le territoire du bassin de vie rouennais pour favoriser la circulation vers les zones commerciales. Il faut aujourd'hui le réorganiser au regard des enjeux du XXIe siècle. Cela passe par le développement ferroviaire et des transports en commun. Il faut aussi relocaliser la production alimentaire, protéger nos terres naturelles et réimplanter une alimentation de proximité. »
Quel est le rôle des citoyens et des structures locales ?
« D'abord, j'incite les citoyens à s'impliquer. Il y a aujourd'hui beaucoup de données scientifiques, de rapports comme ceux que nous construisons à partir d'études publiques. Face à l'anxiété écologique sur le devenir de notre société, nous devons être acteurs pour élaborer des solutions. Il y a plein d'associations au sein desquelles s'engager, il y a une offre diverse à Rouen. À Effet de serre toi-même, on a besoin d'aide sur tout, que ce soit pour fabriquer des sablés au parmesan à l'occasion d'un atelier de sensibilisation, à des volontaires pour rédiger un rapport. Chacun d'entre nous peut apporter sa petite contribution. »
Merci aux 53 personnes qui ont participé. Rendez-vous mercredi prochain pour une nouvelle question.
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