Mardi 4 novembre
Qui était Louisa Rigall, cette Australienne qui repose au cimetière Saint-Sever près de Rouen ?
Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
Son nom figure sur le « Nurses Honour Roll » à Melbourne, en Australie (crédit : Gippsland Women history).
Voici l'histoire de cette jeune femme débarquée à Rouen en tant qu'infirmière pendant la Première Guerre mondiale.
Une grande liberté
- Née en 1868 en Australie, Louisa Rigall est une femme dont le parcours détonne avec l’époque.
- Féministe avant l'heure, elle étudie à Paris. C’est une peintre talentueuse qu'on surnomme « Louie ». Ses œuvres à l'aquarelle sont très diversifiées. On y trouve des portraits, des scènes urbaines et des natures mortes.
- Ses séjours parisiens ne la détournent pas de son identité australienne : Louie peint des thématiques originales comme l’arbre à gomme ou les enclos brûlés de soleil.
Ses combats
- Louisa mène sa carrière artistique et s’investit dans de nombreux engagements auprès des pauvres de la société australienne. Elle milite aussi pour le droit de vote des femmes.
- La Première Guerre mondiale interrompt sa carrière. En 1914, Louisa rejoint la Croix Rouge australienne : la Voluntary Aid Detachement. Elle se forme comme infirmière bénévole.
- Elle travaille d'abord dans la banlieue de Melbourne à Broadmeadows puis est envoyée en France. Elle débarque à Rouen en 1916.
- À l'époque, le champ de course des Bruyères accueille les hôpitaux du Commonwealth depuis 1915.
En sa mémoire
- En 1916, l’Australian General Hospital installe aux Bruyères 750 lits et 75 infirmières, dont Louisa qui parle couramment français.
- Une de ses compagnes britanniques, Mrs. Traill, témoigne de son courage, de son dynamisme, de son caractère joyeux et infatigable.
- La vie est pourtant rude : 3 000 blessés arrivent chaque mois, soignés sans relâche par l’Australienne. Elle s’occupe aussi du journal de l’hôpital, le Jackass.
- Le 31 août 1918, la jeune femme épuisée décède d’une hémorragie cérébrale. Elle est enterrée au cimetière Saint-Sever. Son nom figure sur le « Nurses Honour Roll », un document à la mémoire de ces infirmières australiennes, au sein de la cathédrale St Paul, à Melbourne.
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