Lundi 1 décembre
Une école de cérisculpture installée à Rouen au XIXe siècle
Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
Plusieurs modèles conservés peuvent être observés au musée Flaubert (crédit : Médecinesciences.org).
En 1806, Napoléon crée à Rouen une école de cires anatomiques. Pourquoi cette initiative ?
Le contexte
- La cérisculpture est l’art des préparations anatomiques modelées en cire. La pratique est née en Italie au XVIIIe siècle.
- À Florence, la collection du musée d’Histoire naturelle de la Specola est réputée pour le réalisme donné à ces objets décrivant l’anatomie humaine.
- Lors de la première campagne d’Italie, Napoléon découvre ces outils de connaissances. Il demande que l’on réalise en France ces modèles de cire pour améliorer la formation des chirurgiens.
- Perturbés par la Révolution, l’enseignement et la recherche médicale connaissent alors un renouveau. Il faut voir et observer. Les cires anatomiques sont un élément essentiel pour comprendre le corps humain.
Une école éphémère
- Un décret impérial en 1806 institue à Rouen une école de cérisculpture gratuite. Le chirurgien Jean-Baptiste Laumonier en est le directeur. Il est réputé pour ses cires dans lesquelles il injecte des liquides pour expliquer la circulation sanguine.
- Des cérisculptures en cire d’abeille colorée sont produites pour les écoles de médecine et le musée d’Histoire Naturelle. Des pièces plus complexes sont destinées aux hôpitaux militaires et civils, d’autres pour les accouchements.
- La femme de Laumonier et Achille Cléophas Flaubert, père du romancier, réalisent plusieurs cires.
- En 1814, la situation économique difficile entraîne la fermeture de l’école.
Le devenir des cires anatomiques
- La disparition de la structure rouennaise ne signifie pas que ses cires tombent dans l’oubli.
- Outils pédagogiques très réalistes, les cires anatomiques forment longtemps médecins et chirurgiens en France. Elles sont à la fois des objets scientifiques et de véritables œuvres d’art. Elles permettent d’extraordinaires progrès en chirurgie.
- À Rouen, le musée Flaubert et le musée d’Histoire naturelle conservent une partie des cires, l'autre étant au muséum national d’Histoire Naturelle et musée de l’histoire de la médecine à Paris.
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