Lundi 5 janvier
Pourquoi une rue Armand Carrel à Rouen ?
Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
Le Rouennais a donné son nom à l'ancienne rue de la Salle en 1844 (crédit : collection Stéphane William Gondoin).
À Rouen, l'artère commerçante Armand Carrel porte la mémoire d’un journaliste engagé pour la liberté.
Un Rouennais né avec le siècle
- Les Carrel sont issus d'une famille de commerçants, installés rue Coignebert à Rouen. Armand y naît le 8 mai 1800.
- Passionné par les armes dès sa scolarité au collège de Rouen, actuel lycée Corneille, l’adolescent décide de devenir officier. Il étudie à l'École militaire de Saint-Cyr. Peu apprécié par ses supérieurs, il apprend le maniement des mots avec celui de l’épée.
- Lassé d’un cadre trop strict, Carrel choisit l’aventure. Il participe au complot républicain de la Charbonnerie en 1822 visant à mettre en place un gouvernement provisoire, puis en 1823 à l’insurrection espagnole avec les Libéraux contre l’armée française soutenant le roi d’Espagne Ferdinand.
- Carrel échappe de peu à la mort après être passé en cour martiale en 1824.
Un journaliste engagé
- Secrétaire de l'historien Augustin Thierry à Paris, Carrel troque l’épée contre la plume. Il rencontre des personnalités comme Adolphe Thiers et François Guizot et comprend combien la presse est une arme redoutable en politique. « La presse n’est pas un pouvoir, mais une puissance », affirme-t-il.
- En janvier 1830, il fonde Le National, un journal d’opposition au gouvernement des Bourbons qui déclenche la Révolution de Juillet et met au pouvoir Louis Philippe.
- Mécontent de la politique de Louis Philippe, Carrel passe à l’opposition, incarnant alors l’idéal du républicain bourgeois.
- Le 22 juillet 1836, un duel au pistolet avec le journaliste Émile de Girardin lui coûte la vie.
Un héros en rupture
- Journaliste brillant, farouche républicain, mort en héros romantique, Carrel est un homme en constante révolte. Il rompt avec les normes sociales de son époque.
- Chateaubriand en parlait comme « un homme de cœur, toujours prêt à se jeter sur la pointe de l’épée ». Ses proches, ses amis et compagnons d’armes forgent le mythe.
- En 1844, la municipalité donne son nom à la rue de la Salle. Le journaliste connaît, post mortem, ses heures de gloire.
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