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Lundi 12 janvier

Ça s'est passé un 12 janvier à Rouen

Rédigé par Aude Cazorla
La place de la Rougemare fut le haut lieu d'un soulèvement royaliste à Rouen en 1793 (crédit : CC).

Le 12 janvier 1793, Rouen est le théâtre d’une violente émeute royaliste, révélant la fracture politique d’une ville jusque-là modérée.

Un bastion monarchiste 

  • À la veille de la Révolution, Rouen, deuxième ville du royaume, traverse une crise sociale aiguë : la faim pousse les habitants à descendre dans la rue dès 1789.
  • Pourtant, la ville reste prudente : les élites locales soutiennent souvent la monarchie sans s’opposer ouvertement à Paris.
  • La Révolution radicalise le débat. Dès l’été 1792, des ministres fidèles à Louis XVI investissent Rouen, anticipant une contre-révolution possible.
  • Mais le roi refuse de quitter Paris, laissant le projet d’un gouvernement royaliste rouennais avorter sans combat.

Une journée de tension 

  • La place de la Rougemare devient le point de départ d’une insurrection inattendue : une pétition demandant un appel à la Nation pour juger Louis XVI déclenche une rixe.
  • Les symboles républicains sont pris pour cibles : cocardes arrachées, un arbre de la liberté est scié et brûlé.
  • Près de 150 domestiques issus de familles aristocrates se rassemblent à la demande de leurs maîtres. Armés de gourdins, ils attaquent les patriotes aux cris de « Vive le roi ».
  • En première ligne, une certaine Madame de Faucamp, qui organise ouvertement les violences, devient le visage d’un royalisme militant.

Un grand tournant politique

  • Face aux violences, la municipalité rétablit l’ordre, mais est accusée d’avoir manqué de vigilance républicaine.
  • À Paris, le Tribunal Révolutionnaire condamne plusieurs meneurs dont les avocats Aumont et Leclerc, signataires de la pétition royale, à la guillotine.
  • Cet épisode marque un tournant décisif : la fin des illusions monarchiques à Rouen et le durcissement républicain de la ville sous l'impulsion de la Société Populaire.

 

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