Mardi 20 janvier
Rouen, une terre d’asile pour les Belges
Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
Le boulevard fut nommé ainsi, le 17 octobre 1914, en témoignage de l'immigration massive (crédit : Généatnet).
Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreuses familles fuient la Belgique. La région rouennaise devient un lieu de résidence.
Diaspora et exode
- Dès les premiers temps de la guerre de 1914, la Belgique est envahie par les troupes allemandes malgré sa neutralité. Pour de nombreux Belges, la seule issue est l’exode en France, en Angleterre ou aux Pays-Bas.
- En arrivant du Nord, les réfugiés belges passent par ce qui s’appelait alors le « boulevard Cauchoise » pour contourner Rouen.
- La région rouennaise devient pour beaucoup d’entre eux un lieu d’asile. Les Belges connaissent la Normandie, car chaque année, des milliers de saisonniers viennent y ramasser les betteraves.
- Le 17 octobre 1914, la voie est renommée « boulevard des Belges » par la ville de Rouen.
Des hôpitaux pour les soldats belges
- Rouen accueille un grand nombre de blessés lors de la Première Guerre mondiale. Parmi eux, des soldats belges.
- Rue Saint-Lô, un premier hôpital anglo-belge nommé l’Albert Ier est inauguré le 23 décembre 1914. Les locaux d’une école primaire sont réquisitionnés pour l'installer.
- Sur le plateau des Aigles à Bonsecours en juin 1916, un second établissement de soins plus adapté et plus grand ouvre ses portes. Jusqu’en septembre 1919, plus de 17 800 soldats y seront soignés.
Le choix de l’exil
- À la fin de la guerre, la Seine-Inférieure accueille 35 000 réfugiés belges. Malgré des tensions en 1917, où quelques Belges sont traités de « sales boches », la cohabitation est bonne.
- En 1918, certains réfugiés de guerre décident de rester en Normandie. Le prix des terres agricoles est bas, des baux agricoles attractifs peuvent être conclus. En Belgique, tout est dévasté. D’autres épousent des habitants du cru.
- Leur terre d’accueil offre une sécurité, un toit et un emploi. Leurs nombreux descendants sont le témoignage vivant de l’accueil qui leur a été fait et de leur déracinement.
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