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Jeudi 22 janvier

Un souffleur de verre à l'université de Rouen

Rédigé par Aude Cazorla
Il existe une trentaine de professionnels spécialisés dans ce domaine exerçant en milieu universitaire en France (crédit : Adobe Stock).

Aujourd'hui, l’Université de Rouen Normandie ouvre les portes de son atelier de verrerie scientifique pour une visite exclusive à destination du personnel. C'est l'occasion de découvrir cette pratique inédite avec Romain Lefèbvre, l'artisan qui donne souffle et forme à l'unité scientifique.

Quel est votre parcours ?

« Je suis souffleur de verre en verrerie scientifique. Pour apprendre ce métier, j'ai suivi la seule formation de France, au lycée public polyvalent Caroline Dorian, à Paris. J'ai ainsi fait un CAP puis un Bac pro Verrerie scientifique et technique de soufflage. Normand d'origine, j'ai ensuite souhaité revenir à Rouen pour exercer dans l'atelier où j'avais fait un stage pendant mes études. En tant que souffleur de verre au chalumeau, j'ai appris à travailler le verre pour créer toutes sortes d'objets à destination des laboratoires. »

En quoi consiste votre profession ?

« Cette pratique diffère de la verrerie traditionnelle, qui se fait à la canne : c'est celle qu'on voit souvent en exemple, réservée à la création d'objets de décoration. Au chalumeau, c'est une autre technique de précision, qui s'adapte à la création d'objets en verre destinés au travail de recherche scientifique. Avec nos mains, on modèle au chalumeau ou en soufflant, toujours dans la rotation pour que les pièces restent cylindriques. C'est un métier très technique, qui demande énormément d'expérience, et beaucoup d'heures de travail pour simplement maîtriser les bases. Au chalumeau, la flamme atteint entre 1 100 et 1500° C. La sécurité est primordiale, avec un bon équipement, et une bonne technique et un bon placement. C'est très impressionnant, mais aussi sécurisé. »

Pourquoi avoir un atelier de verrerie au sein de l'université ?

« Mon travail consiste à créer de la verrerie de laboratoire : des tubes à essai, des appareils à distiller... Le temps de création peut varier de 5 minutes à des dizaines d'heures. Les enseignants, chercheurs et doctorants viennent à l'atelier avec des demandes plus ou moins précises. Nous déchiffrons ensemble leurs attentes, et j'estime et compose sur-mesure en fonction de ce qui est faisable. Ce qui est intéressant en travaillant dans le cadre universitaire, c'est qu'on a un lien direct avec l'utilisateur et l'usage de l'objet qu'on crée. Il faut faire preuve d'inventivité. Nous sommes une trentaine à exercer ce métier à l'université en France. »

L'Université organise chaque année des visites pour le grand public. Tenez-vous informés ici.

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