Acid Kostik, une troupe rouennaise à l'esprit créatif
Pour les vacances de février, la bibliothèque de la Grand'Mare organise un atelier sur cinq jours avec la troupe Acid Kostik. Les jeunes participants apprendront à manipuler caméra et montage vidéo pour réaliser la bande-annonce d'un film culte. Franswa Henry, membre de la troupe, nous explique le concept.
Qu'est-ce qu'Acid Kostik ?
« Nous sommes une compagnie de théâtre de rue créée en 2002 à Rouen. Nous avons fait nos débuts au festival rouennais des arts de rue Viva Cité la même année. Depuis, nous avons créé près de huit spectacles. Notre signature, c'est l'humour grinçant : nous aimons travailler sur l'absurde à partir de sujets de société. L'un de nos spectacles de 2009, Lève-toi et step, aborde par exemple l'endoctrinement à travers une secte de sport loufoque. À Viva Cité 2025, nous avons proposé un spectacle sur la chute d'un livreur à vélo où le public devient témoin, véritable partie prenante de l'histoire. Nous essayons toujours d'écrire avec plusieurs degrés de lecture, en réfléchissant à la façon dont nos spectacles seront perçus par les enfants comme par les adultes. La question de la place du public dans notre narration est au cœur de notre démarche. »
En quoi consiste l'atelier de cette semaine ?
« Les 10-15 ans qui participeront vont réaliser une bande-annonce de A à Z, en s'inspirant de celle du film culte Titanic. Ils fonctionneront en groupes de cinq, avec un réalisateur ou une réalisatrice, une personne chargée des accessoires... Ils reproduiront chaque plan à leur manière avec les moyens du bord : bâches, souffleur à vent, perruques. Pour le reste, il faudra créer les décors avec ce qu'on trouve. Les jeunes filmeront avec leurs téléphones, puis nous réaliserons le montage ensemble. Nous travaillons en open space : nous les guidons tout en les laissant proposer leurs idées. Le samedi, une séance de restitution aux familles permettra de découvrir les films, qui seront ensuite mis en ligne sur le site d'Acid Kostik. »
Quel est l'objectif ?
« Nous voulions proposer une action culturelle dans laquelle les enfants se sentent vraiment acteurs. Nous nous sommes demandé : comment éveiller la part créative chez les jeunes ? Le fait de travailler avec des adolescents qui savent faire tant de choses avec leurs téléphones nous a donné le déclic. Nous nous appuyons sur leur savoir-faire pour libérer leur créativité. Ce qui est formidable, c'est que cela permet à tous les enfants de s'exprimer. Il y a tant de choses à faire que chacun y trouve sa place. »
Que proposez-vous le reste de l'année ?
« Nous menons beaucoup d'actions culturelles. Pendant plusieurs années, nous avons travaillé dans le quartier Saint-Sever. Nous avons notamment réalisé un livre de recettes dessinées avec les portraits des habitants du quartier. Il a été édité par la Ville à 300 exemplaires et il est disponible gratuitement dans plusieurs bibliothèques de Rouen. Nous proposons également des visites théâtralisées sur commande pour des événements, et ce depuis une dizaine d'années. »
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