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Jeudi 5 mars

Qui est le mystérieux Saint-Amand qui a donné son nom à une rue de Rouen ? 

Rédigé par Agathe Poirot-Bourdain.
Aujourd’hui, la place Saint-Amand repose sur l’ancien cimetière des religieuses (crédit : Rouen Tourisme).

Contrairement à ce que son nom laisse penser, la voie Saint-Amand ne raconte pas l’histoire d’un amoureux éconduit. Voici sa véritable histoire.

Un évêque du VIIe siècle

  • Patron des brasseurs, des marchands de vin, des aubergistes et des taverniers, Amand est un proche du roi Dagobert.
  • Il a des pouvoirs de guérisseur et d’exorciste et aime créer des communautés religieuses. En 1042, le vicomte de Rouen Gosselin et sa femme Emma fondent intramuros à Rouen une abbaye bénédictine féminine sous sa protection. Quarante-trois abbesses s'y sont succédées jusqu’en 1790.
  • Selon la légende, le couvent est construit sur un temple de Vénus. « Pour chasser la mauvaise odeur de ce culte infâme et faire régner la vertu où l’on avait érigé des autels du vice, on s’était avisé d’y établir une sainte académie de la chasteté », écrivait le peintre Hyacinthe Langlois.  

La rue d’une abbaye 

  • L’abbaye de Saint-Amand devient ainsi un puissant couvent de Normandie. Les abbesses sont issues de grandes familles nobles locales, souvent apparentées aux ducs de Normandie.
  • Elles sont des cheffes d’entreprise avec de nombreux biens à gérer. Guillaume le Conquérant leur offre des terres en Angleterre, les rois de France les comblent de dons et les bourgeois de Rouen n’hésitent pas à leur faire des legs.
  • En échange, les religieuses prient pour leurs bienfaiteurs donateurs.  

Drôles de coutumes 

  •  Une singulière coutume pimente la vie cloîtrée de la rue Saint-Amand.
  • Le jeudi avant Pâques, les religieuses nettoient leur église paroissiale et invitent à leur table les brasseurs de la ville qui ont pour patron Saint-Amand. Les rumeurs de libertinages mettent un terme à ces joyeuses agapes en 1620.
  • Une autre coutume dure jusqu’à la fermeture du couvent à la Révolution : l’intronisation des archevêques de Rouen par l’abbesse qui possède le privilège de l’anneau épiscopal, symbole de la fonction religieuse.  
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